Tourisme au Luxembourg – «Un pass sanitaire local ne servira pas à grand-chose»

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Tourisme au Luxembourg«Un pass sanitaire local ne servira pas à grand-chose»

LUXEMBOURG - Durement impacté par la crise, le tourisme au Luxembourg tente de se relancer. Bons de 50 euros, dynamique, nouvelles cibles, le ministre Lex Delles fait le point.

Lex Delles est arrivé à la tête du ministère du Tourisme début 2019.

Lex Delles est arrivé à la tête du ministère du Tourisme début 2019.

Editpress

L'essentiel: Le Luxembourg a été coupé dans son élan en termes de tourisme...

Lex Delles, ministre du Tourisme: Fortement! Nous avons enregistré une perte de 49% des nuitées dans l’hôtellerie, et de 47% au camping en 2020. Mais le côté positif, c'est que 12% des résidents ont passé leurs vacances au Luxembourg en 2020, contre 2% en 2019. C'est notamment le résultat du bon de 50 euros offert. 116 00 ont été utilisés au total.

Un bon qui a été plusieurs fois prolongé...

La prolongation a été décidée en raison des fermetures. Les bons sont désormais utilisables jusqu'au 15 septembre, mais au-delà de cette date, ils ne le seront plus. Le but n'était pas simplement de faire passer une nuit dans un hôtel aux résidents et frontaliers, mais que les gens qui ont passé leurs vacances au Luxembourg reviennent par la suite et en parlent autour d'eux.

Quels nouveaux leviers pour développer le tourisme?

Toute une panoplie de programmes pour favoriser le tourisme local et régional. Le service MoveWecarry.lu (NDLR: pendant que les vacanciers passent de nouveaux lieux en nouveaux lieux chaque jour à vélo, les bagages sont transportés à chaque étape) sera par exemple à nouveau gratuit cette année. Mais il n'y aura pas de deuxième bon à la consommation.

Les vacanciers ciblés ont évolué...

Nous avons réadapté nos campagnes. Le bus de touristes qui s'arrête pendant deux heures, place de la Constitution, pour prendre quelques photos puis repartir n'est pas le modèle que nous privilégions. Nous recherchons des voyageurs qui passent deux ou trois nuits pour découvrir le Luxembourg sous toutes ses facettes, notamment dans les pays limitrophes. D'autant que les marchés «lointains» sont à l'arrêt complet à l'heure actuelle...

Peut-on craindre des fermetures d'hôtels?

Oui, comme dans le monde entier. Ceci étant dit, l'hôtellerie a mieux fonctionné dans les régions rurales comme le Mullerthal, la Moselle et le Nord, que dans la capitale. Les chiffres nous réconfortent un tout petit peu. Nous avions des taux de remplissage à 5% au printemps dernier, nous sommes entre 25 et 35% cette année. Ça reprend, mais doucement...

Croyez-vous en l'hôtellerie de luxe?

Tout type d'hôtellerie peut avoir sa clientèle. Oui, il y a les hôtels wellness cinq étoiles avec service voiturier, mais aussi les deux étoiles dans la campagne. Les campings ont également beaucoup investi ces dernières années. Le week-end de l'Ascension, ils affichaient presque complet!

Le tourisme d'affaires est aussi très important...

Il ne sera plus le même, avec davantage de conférences hybrides, une partie en présentiel et l'autre en distanciel. Mais je suis convaincu que les réunions en ligne ne remplaceront jamais la discussion à la pause café. Le Luxembourg devrait plus vite s'en sortir, car les congrès de taille moyenne reprendront plus rapidement.

Un pass sanitaire pour les touristes est-il envisageable?

Personnellement, je suis convaincu qu'un pass luxembourgeois ne servira pas à grand-chose. Les discussions doivent être menées au niveau européen.

Pensez-vous que la population accepterait un retour des restrictions?

Personne ne le voulait au mois de novembre... Si les hôpitaux sont remplis, vous n'avez plus le choix. Ce n'est pas une question de volonté, mais de responsabilité. La vaccination va beaucoup aider. Je pense que si l'on reste dans cette trajectoire, ce sera un bon signe. Si je vais me faire vacciner? Bien sûr, directement!

(Recueilli par Thomas Holzer)

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