Santé au Luxembourg – Un pic de psychotropes en mars 2020

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Santé au LuxembourgUn pic de psychotropes en mars 2020

LUXEMBOURG - Antidépresseurs, anxiolytiques, sédatifs... Le nombre de patients ayant recours à des médicaments psychotropes a bondi au moment du premier confinement.

Les plus jeunes (moins de 20 ans et trentenaires) sont davantage allés consulter un spécialiste en 2020.

Les plus jeunes (moins de 20 ans et trentenaires) sont davantage allés consulter un spécialiste en 2020.

Le nombre de patients ayant obtenu un remboursement d'un médicament psychotrope est resté stable, voire a diminué en 2020 par rapport à 2019, a indiqué mardi le ministre de la Sécurité sociale à une question des députés socialistes Mars di Bartolomeo et Georges Engel.

Ainsi, 51 748 patients résidents se sont vu prescrire des anxiolytiques en 2020, 48 908 patients ont reçu des antidépresseurs, 42 320 ont avalé des hypnotiques et des sédatifs et 12 335 ont reçu des antipsychotiques. Des chiffres stables par rapport à 2019, voire en baisse pour ce qui concerne les anxiolytiques (-4,4%). À noter que seuls sont considérés les remboursements d'un médicament psychotrope dans une pharmacie ouverte au public au Luxembourg. Les médicaments administrés dans le secteur hospitalier ne sont pas repris dans ces chiffres.

Si le nombre de patients n'a pas augmenté, les graphiques montrent que la pandémie a toutefois eu des répercussions sur le psychisme des résidents. Le nombre de patients ayant obtenu le remboursement d'antidépresseurs et d'antipsychotiques a ainsi fortement augmenté (+14,4%) en mars 2020, tout comme le remboursements d'anxiolytiques (+7,2%) et d'hypnotiques et sédatifs (+8,6%), en plein confinement. Les courbes regrimpent ensuite en juin puis en septembre et en décembre mais dans une moindre mesure.

Les moins de 20 ans ont davantage consulté

En 2020, 6 689 patients ont bénéficié d'une consultation auprès d'un médecin spécialiste en psychiatrie, adulte et enfant et neuropsychiatrie, soit une hausse d'un peu plus de 2,1% par rapport à 2019. Le nombre de consultations chez les moins de 20 ans et les trentenaires a bondi de plus de 15%, contre une hausse d'un peu plus de 8,5% chez les 20-29 ans et 40-49 ans. Les consultations ont chuté de près de 8% pour les plus de 50 ans. Des chiffres qui pourraient - selon le ministre - s'expliquer par le passage en téléconsultation pendant la pandémie.

Les salariés ont-ils été impactés par la pandémie? Le ministre note que le nombre de jours d'absence au travail pour troubles mentaux et du comportement a augmenté de 6,4% entre 2019 et 2020 mais la hausse est moins prononcée qu'entre 2018 et 2019 (+15,1%). Le ratio a également baissé: ils représentaient 14,5% du nombre total de jours d'absence en 2020 contre 16,6% en 2019. Des chiffres faussés par le Covid-19, note toutefois le ministre qui conclut qu'il est difficile de saisir l'augmentation des troubles mentaux en se basant uniquement sur les chiffres de la Sécurité sociale.

(mc//L'essentiel)

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