Décision européenne – Un possible espion chinois banni au Luxembourg

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Décision européenneUn possible espion chinois banni au Luxembourg

LUXEMBOURG/BRUXELLES - Soupçonné d'espionnage en Belgique, un enseignant chinois reconnu a été privé de visa et interdit de séjour dans tout l'espace Schengen.

Le politologue Xinning Song était dans le collimateur de la Sûreté de l'État, le service de renseignements civil en Belgique, pour «atteinte à la sécurité nationale».

Le politologue Xinning Song était dans le collimateur de la Sûreté de l'État, le service de renseignements civil en Belgique, pour «atteinte à la sécurité nationale».

AFP

Un universitaire chinois, qui dirigeait l'Institut Confucius à Bruxelles, a été privé de visa par la Belgique et est désormais interdit de séjour pour huit ans dans les 26 pays de l'espace Schengen, dont le Luxembourg, selon une information du quotidien belge De Morgen confirmée par des sources proches du dossier. Le politologue Xinning Song était dans le collimateur de la Sûreté de l’État, le service de renseignements civil en Belgique, pour «atteinte à la sécurité nationale».

Son contrat avec la VUB, l'université bruxelloise partenaire depuis 2016 de l'institut Confucius (IC), a été rompu, a indiqué un porte-parole de cette université néerlandophone, Sicco Wittermans. Les journaux flamands De Morgen et De Standaard évoquent des soupçons d'«espionnage» au profit du gouvernement chinois, sans dire précisément ce qui est reproché à M. Song.

Soupçons de propagande du régime communiste

Il existe à travers le monde plus de 500 instituts Confucius, organismes de diffusion de la langue et la culture chinoises comparables à ceux que sont les Alliances françaises ou les instituts Cervantes pour l'espagnol. Certains de ces instituts chinois ont déjà été soupçonnés de faire la propagande du régime communiste dans des universités étrangères, notamment en Australie et aux États-Unis, ce dont Pékin s'est défendu.

Sur son site, l'institut chinois vante cette implantation lui permettant de s'adresser «aux fonctionnaires de l'UE, aux diplomates et aux représentants des organisations internationales» établis dans la capitale belge. Selon l'Office des étrangers, agence nationale de l'immigration en Belgique, M. Song séjournait régulièrement dans le pays depuis 2007, même s'il n'y était pas résident permanent. C'est début septembre qu'il a essuyé un refus de visa «pour des raisons d'ordre public», a-t-on précisé à l'Office.

Une terminologie qui recouvre d'après d'autres sources interrogées par l'AFP les questions d'ingérence et d'espionnage suivies de près par la Sûreté de l’État. Dans le cas de M. Song, mesure rare selon ces mêmes sources, les soupçons ont entraîné une interdiction d'entrée étendue à l'ensemble des 26 pays de Schengen, l'espace sans frontières intérieures, pour une durée de huit ans.

(L'essentiel/afp)

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