A Virton: Un psychothérapeute accusé d'abus de faiblesse: «Il a profité de sa position»

Publié

À VirtonUn psychothérapeute accusé d'abus de faiblesse: «Il a profité de sa position»

VIRTON – Deux patientes disent avoir eu une aventure avec leur psychothérapeute, installé à Virton. Elles ont porté plainte contre lui pour abus de faiblesse.

par
mm

Pixabay/Illustration

Erika* et Mona* n'avaient rien en commun avant leur visite chez le même psychothérapeute de Virton. Toutes deux ont porté plainte contre l'homme pour abus de faiblesse au commissariat. Elles accusent le spécialiste d'avoir «profité» d'elles en ayant une aventure, pour Erika en 2015 et Mona 2019. «Au début on se vouvoyait, puis on s'est vite tutoyé et échangé nos numéros, confie Erika. On s'est vus en dehors du bureau… Il m'a avoué avoir une attirance pour moi et on a fait l'amour dans son cabinet».

Quelques années plus tard, c'est Mona, assise à sa place, qui est à son tour attirée par le même homme. «Je le lui ai avoué et je comptais sur lui pour tenir les règles, mais il en a profité». Par ailleurs, les deux femmes confient avoir été diagnostiquées bipolaires et remettent en question leur consentement, malgré leurs sentiments amoureux. «Est-ce qu'on est vraiment consentantes quand on ne va pas très bien, quand tout va mal?», se questionne Erika.

Pour Céline Domecq, thérapeute spécialiste des relations à Steinfort, le fait d'avoir une attirance pour son psy n'est pas anormale, «mais la relation doit rester professionnelle, le spécialiste doit absolument recadrer la personne si cela vient d'elle. Le spécialiste est censé avoir fait un travail sur lui». Dans ce cas-ci, «il y a peut-être un abus de pouvoir mais la personne reste autonome», suppose-t-elle.

«Enquête en cours»

À noter qu'en Belgique, la profession de psychothérapeute n'a été reconnue qu'en 2016 et ne possède pas de code de déontologie propre, nous indique la Commission des psychologues de Belgique (Compsy). «Ne pas avoir de code, c'est un grand problème aujourd'hui. Certains spécialistes n'ont même pas de formation quand d'autres ont un diplôme universitaire. En tout cas, dans notre code à nous, les relations avec un professionnel restent complètement proscrites, même si le patient est consentant», indique Loes Salomez, membre de la Compsy.

Mona est ressortie «traumatisée» de l'aventure avec l'homme qui la suivait: «J'ai honte de ce qu'il s'est passé, j'ai même du mal à faire mes courses et j'ai perdu toute confiance en moi», confie-t-elle. La Belge a arrêté de travailler et avoue être retombée en dépression. De son côté, Erika a retrouvé une vie professionnelle, mais cette histoire reste «difficile à évoquer».

Contacté par L'essentiel, le psychothérapeute n'a pas souhaité répondre à nos questions. La police a confirmé qu'«une enquête était en cours», sans vouloir nous donner plus de détails.

*Prénoms modifiés

Ton opinion

10 commentaires