Crise de l'aéronautique – Un sous-traitant d'Airbus licencie au Luxembourg

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Crise de l'aéronautiqueUn sous-traitant d'Airbus licencie au Luxembourg

DIFFERDANGE - Airtech Europe, basée sur la zone industrielle Haneboesch, a déjà licencié six personnes en raison de la crise post-Covid. Les salariés craignent «un plan social déguisé».

Basée sur la zone industrielle Haneboesch, Airtech emploie 190 personnes au Luxembourg.

Basée sur la zone industrielle Haneboesch, Airtech emploie 190 personnes au Luxembourg.

L'essentiel

À peine arrivés au travail qu'ils ont dû retourner chez eux, car licenciés. C'est le triste sort qu'ont connu six salariés de la société Airtech Europe basée à Differdange, sur la zone industrielle Haneboesch. L'information révélée par une source de L'essentiel a été confirmée par la société spécialisée dans la confection de films plastiques pour divers secteurs industriels, mais en particulier celui de l’aéronautique.

Airbus est le plus gros client de la filiale européenne de cette entreprise familiale originaire de Floride, implantée au Luxembourg depuis bientôt 30 ans. Le constructeur aéronautique ayant annoncé la suppression de 15 000 postes dans un contexte de crise économique post-Covid, l'impact sur ce sous-traitant luxembourgeois qui emploie 190 personnes ne fait aucun doute.

C'est ce qu'explique le directeur général du site, Carl Christiaens, à L'essentiel: «Nous devions connaître une bonne année, mais le coronavirus est passé par là. C'est pourquoi il a été nécessaire de réorganiser tout un département de production. Nous ne pouvions plus fonctionner comme avant la crise».

«Un plan social déguisé»

Quid d'un éventuel plan social qui concernerait d'autres départements de l'entreprise? «Aucune décision n'a été prise, mais rien n'est écarté. Nous avons besoin d'éléments complémentaires pour décider, et tout dépendra de l'évolution du carnet de commandes», explique le directeur.

Du côté des salariés, la peur du licenciement a gagné les équipes, et certains évoquent déjà «un plan social déguisé». «Les personnes licenciées sont pour la plupart des jeunes qui ont moins de cinq ans d'entreprise, ce qui permet d'éviter le versement d'une indemnité. Ils n'ont pas encore fait le tour des autres départements, mais je crains que cela ne s'arrête pas là», confie un employé.

Bien que l'entreprise industrielle ait poursuivi son activité durant la période du confinement, Airtech a finalement dû recourir au chômage partiel à partir de juin pour faire face à des difficultés conjoncturelles. «Nous savons que la crise économique est mondiale, mais c'est une entreprise fiable qui n'est pas dans le besoin», conclut cette source.

(Thomas Holzer/L'essentiel)

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