Finance au Luxembourg – Un sukuk perçu comme coûteux mais rentable
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Finance au LuxembourgUn sukuk perçu comme coûteux mais rentable

LUXEMBOURG – Le ministre des Finances, Pierre Gramegna (DP), a expliqué jeudi pourquoi l’émission d’emprunts obligataires conformes à la finance islamique contribue au rayonnement du pays.

Pierre Gramegna estime que «le sukuk permet de pourvoir aux besoins de financement de l’État».

Pierre Gramegna estime que «le sukuk permet de pourvoir aux besoins de financement de l’État».

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«L’émission de sukuk s’inscrit dans une stratégie cohérente, établie de longue date». Le ministre des Finances Pierre Gramegna (DP) a justifié ce jeudi la décision du Luxembourg d’émettre le 30 septembre un emprunt obligataire conforme à la loi islamique, une première pour un État de la zone euro. Le ministre estime notamment que «le sukuk permet de pourvoir aux besoins de financement de l’État».

En réponse à une question parlementaire posée par le député Serge Wilmes (CSV), qui s’inquiétait par exemple du coût de financement de ces transactions, Gramegna a reconnu que «les frais connexes tels que les frais de conseil et d’avocats sont plus élevés pour le sukuk que pour une émission obligataire classique». Avant l’émission, «un comité sharia vérifie la conformité du sukuk aux exigences de la finance islamique», rappelle notamment le ministre. Mais selon lui, il est important de prendre en compte «les retombées positives sur l’économie luxembourgeoise» dans son ensemble. «Le sukuk contribue au rayonnement du Grand-Duché dans la région du Golfe et dans les autres pays musulmans, qui présentent un potentiel important pour les investissements et le tourisme au Luxembourg».

Dans sa question parlementaire, Serge Wilmes relevait l’engouement relativement faible des investisseurs pour le sukuk luxembourgeois, par rapport à celui placé par le Royaume-Uni en juin dernier. Un constat partagé par Pierre Gramegna, qui l’explique par un taux d’intérêt faible, qui aurait surtout attiré «des investisseurs prudents et intéressés à promouvoir la finance islamique en Europe», et par un montant du sukuk limité à 200 millions d’euros. La première expérience d’émission de sukuk au Luxembourg a été concluante selon le ministre. «Il n’est pas exclu que le Luxembourg émette à l’avenir d’autres sukuks».

(jg/L'essentiel)

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