Bande dessinée – Un thriller autour de l'incendie d'un magasin
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Bande dessinéeUn thriller autour de l'incendie d'un magasin

La série consacrée à l’histoire de la Belgique se penche cette fois, pour son quatrième tome, sur le grand incendie du grand magasin Innovation, en 1967.

Kathleen est journaliste au moment de l'incendie du magasin Innovation.

Kathleen est journaliste au moment de l'incendie du magasin Innovation.

Anspach

L’incendie du grand magasin Innovation, à Bruxelles en 1967, avait fait 251 morts. Cette tragédie sert de cadre à l’album «Innovation 67», quatrième tome de la série des éditions Anspach sur l’histoire de la Belgique. «Ce drame a marqué toute une génération et reste un traumatisme», explique le dessinateur Baudouin Deville.

L’héroïne Kathleen Van Overstraeten, devenue journaliste à la RTB, se retrouve mêlée de près à la tragédie d’Innovation. Dans l’établissement travaillent sa mère et son amie Monique, avec laquelle elle déjeune à la cafeteria au moment du drame. L’album s’intéresse au contexte géopolitique, puisqu’en pleine contestation de la guerre du Vietnam, les communistes ont été accusés d’avoir provoqué l’incendie. Les enquêteurs pensent que les militants ont sciemment frappé pendant la Quinzaine américaine, une opération commerciale d’Innovation.

Une époque à chaque album

Kathleen doit mener des investigations pour sa radio. Mais une forme de maladresse irrite ses supérieurs. Surtout qu’elle se montre intrépide et têtue. «Son caractère évolue au fil des albums, elle s’affirme davantage maintenant. Elle change aussi en fonction de l’époque», reprend Baudouin Deville, qui a croqué la jeune femme en 1958, 1960 et même en tant qu’enfant en 1943, dans les précédents albums. La belle Kathleen conserve un côté naïf, notamment lors de ses rencontres amoureuses avec les hommes, toujours compliquées. Le sentiment de trahison n’est jamais loin.

«La difficulté de la série est de changer d’époque à chaque album», analyse le scénariste, qui effectue «un énorme travail de recherche» en amont. Il a lu des livres et journaux, mais aussi interrogé des témoins. La série séduit toujours par son scénario intéressant, entre histoire et fiction, mais aussi par son dessin tout en ligne claire et en couleurs sépia, avec une mise en lumière particulièrement soignée. Au fil des albums, la recette fonctionne toujours, très loin d’un quelconque sentiment de lassitude. Le succès étant au rendez-vous, la série va se poursuivre. «Nous avons une dizaine d’idées de sujets», rit Baudouin Deville.

• «Innovation 67». Patrick Weber et Baudouin Deville. Anspach, 14,50 euros.

(Joseph Gaulier/L'essentiel)

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