Rapport sur Luxembourg-Ville: Un travailleur sur quatre vit dans la capitale avec moins de 1 942 euros par mois

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Rapport sur Luxembourg-VilleUn travailleur sur quatre vit dans la capitale avec moins de 1 942 euros par mois

LUXEMBOURG – Un premier rapport social détaillé sur la capitale a été dévoilé, assez discrètement. L'opposition le dit «peu flatteur», des disparités en matière de salaire et de logement sont mises en lumière, sans surprise.

par
Nicolas Chauty

Vincent Lescaut/L'essentiel

En 2020, 11 243 personnes, parmi les résidents ayant un emploi, vivaient à Luxembourg-Ville sous le seuil de pauvreté, c'est-à-dire avec un revenu inférieur ou égal à 1 942 euros par mois. Voilà ce qui ressort de l'Observatoire social commandé au Luxembourg Institute of socio-economic research (Liser) par la Ville de Luxembourg. Un rapport promis en 2017, dont les contours ont été validés en 2020 et dont les premiers enseignements ont été révélés ces dernières heures. 11 243 personnes, c'est 22,3% de l'ensemble des salariés résidant à Luxembourg-Ville, près d'un sur quatre, donc.

À l'échelle de la commune, selon le rapport, le salaire médian était sur la période d'observation (2020/2021) de 4 250 euros, au cœur d'importantes disparités. Les Allemands figurent parmi les résidents les mieux payés, avec 8 000 euros en moyenne, devant les Belges et les Français. Les résidents de la capitale de nationalité luxembourgeoise n'arrivent qu'en quatrième position en matière de salaire. Le Liser indique que les habitants d'origine portugaise, eux, sont les moins bien payés avec une moyenne de 2 000 euros.

Le reflet d'un «éclatement de la Ville»

Le rapport a été présenté le 26 octobre dernier, à la Commission d'action sociale de la Ville et mis en ligne mercredi, plutôt discrètement. La bourgmestre Lydie Polfer parle de procédure «normale». «Il n'est pas mis en avant car il est peu flatteur», estimait jeudi Guy Foetz, conseiller communal d'opposition (déi Lenk). Pour lui, cet Observatoire social «concentre des problèmes accumulés depuis des années» et «reflète un éclatement de la ville sur les revenus, le logement, l'éducation et le fonctionnement de la société civile». 3 626 salariés vivant sous le seuil de pauvreté habitent à Bonnevoie-Sud et dans le quartier de la Gare, un sud-est de la capitale particulièrement désavantagé.

Selon le Liser, 2 432 personnes sont venues s'installer dans le quartier Gare en 2020 mais presqu'autant, 2 144, ont choisi de quitter le secteur, dont la moitié pour s'installer dans un autre quartier de la capitale. «Nous pensons qu'il ne faut pas insister sur l'insécurité, c'est simplement une conséquence d'autres problèmes», analyse Guy Foetz. La question du logement est évidemment à l'origine de la précarité. Le prix moyen des loyers entre l'été 2020 et l'été 2021 était de 1 613 euros, plus que la moyenne nationale.

Et Luxembourg-Ville ne compte que 1 697 logements sociaux, «3,2% de l'ensemble des logements (…) un chiffre peu élevé», selon le rapport. À titre de comparaison, en France, Metz Métropole en recense 28 152. Autant de problématiques qui risquent d'alimenter le débat à quelques mois des élections communales. L'ombre de l'Observatoire social du Liser risque aussi de planer sur les Assises sociales du 24 novembre, qui réuniront tous les services sociaux de la Ville et leurs partenaires.

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