Retour vers le futur – Un village mosellan où le temps semble s'être figé

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Retour vers le futurUn village mosellan où le temps semble s'être figé

SIERCK-LES-BAINS - Sur la rive opposée à Schengen, de l'autre côté de la frontière, on découvre un autre monde, où le village de Sierck-les-Bains semble figé dans le temps.

Wagner a acquis l’œuvre, jusqu'ici inconnue, à la suite d'une succession.

Wagner a acquis l’œuvre, jusqu'ici inconnue, à la suite d'une succession.

C'est une petite ville mosellane, au sud de Schengen, qui semble sommeiller depuis des décennies. En 1929, le peintre luxembourgeois, Nico Klopp, fit encore une fois une halte dans la commune qui portait, à l'époque, le nom de Sierck-sur-Moselle, et fixait sur une toile une vue de l'idyllique rue du Moulin. Près de 90 ans plus tard, son œuvre est retournée sur les lieux ou elle a été créée.

«Au départ, je n'arrivais pas à y croire», se souvient Armand A. Wagner, antiquaire depuis plus de 40 ans à Luxembourg-Ville. Il tient le tableau, qui révèle au verso le prix à l'époque de 1 750 francs luxembourgeois, au-dessus du petit pont sur lequel se tenait jadis le peintre. «Hormis une porte d'entrée, tout est resté exactement comme il y a 89 ans». Wagner, qui est aussi expert judiciaire pour l'art luxembourgeois, a acquis l’œuvre, jusqu'ici inconnue, à la suite d'une succession. D'après lui, «Nico Klopp est, après Joseph Kutter, le peintre luxembourgeois le plus important».

«Restaurer notre patrimoine historique»

Un an après cette escale à Sierck, Nico Klopp décède, à seulement 36 ans, après avoir peint en 1930 encore plusieurs tableaux dans cette bourgade ravissante. De son vivant, la peinture ne permettait pas à l'artiste d'en vivre décemment. Pour la petite ville, devenue Sierck-les-Bains en 1936, il s'ensuivit également la déchéance. De nombreux bâtiments dans son centre historique sont à l'abandon depuis des décennies.

«Quelque chose est en train de se passer à Sierck, mais malheureusement, les choses avancent très lentement», regrette Laurent Steichen. À 56 ans, il est, depuis 2008, le maire de la commune de 1 700 habitants dont la moitié sont des travailleurs frontaliers au Luxembourg. «Nous sommes en train de restaurer notre patrimoine historique», explique Laurent Steichen, dans un luxembourgeois parfait. «Les négociations avec les instances françaises de protection des monuments historiques sont toutefois difficiles», souligne-t-il. Par ailleurs, les spéculateurs immobiliers lui donnent également du fil à retordre.

Dans l'intervalle, une grande bâtisse seigneuriale du centre-ville, qui hébergeait jadis le restaurant la Vénerie, adresse fréquentée à l'époque par le Tout-Luxembourg, a d'ores et déjà été rénové. Il abrite tout nouvellement une succursale du Crédit Mutuel. L'ancien hospice de la rue du Moulin, est également en passe d'être démoli. Après sa rénovation, l'ancien presbytère, lui, se destine à accueillir de jeunes familles. Laurent Steichen ne perd pas espoir de voir un jour la petite ville au charme morbide se transformer en véritable perle mosellane.

(Jörg Tschürtz/L'essentiel)

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