Bande dessinée – Une ado gère la fin du monde qu'elle a annoncée

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Bande dessinéeUne ado gère la fin du monde qu'elle a annoncée

Les scènes de panique se succèdent dans «Happy End», conformément aux sombres prédictions de Mollie, qui annonçait la fin de la civilisation.

L'album présente une ambiance de fin du monde.

L'album présente une ambiance de fin du monde.

Le Lombard

Mollie, 14 ans, l’héroïne de «Happy End», agace prodigieusement son entourage. L’adolescente filme régulièrement sa famille (ses parents et ses trois frères et sœurs), afin de témoigner de son existence pour les générations futures. Elle est en effet persuadée que la civilisation actuelle est sur le point de s’effondrer. Son auditoire ne l’écoute pas vraiment, ou l’envoie balader, hormis Oscar, un excentrique retraité, propriétaire du château voisin. Lui la croit et a commencé à constituer des réserves de nourriture.

Tout bascule le jour où une énorme crise surgit. «Ça fait six ans qu’on se tape des crises à répétition, qu’est-ce qu’elle a de plus, celle-là?», se demande Louise, la grande sœur de Mollie, particulièrement exaspérée par les prédictions de sa sœur. «Ce n’est pas juste une crise financière, c’est une crise totale cette fois», répond l’ado, qui se veut rationnelle. Effectivement, les scènes de panique s’enchaînent, avec des gens qui achètent tout ce qu’ils peuvent au supermarché, ce qui rappelle le début de la crise du Covid-19, puis s’enfuient loin des villes, lorsqu’ils ont suffisamment de carburant.

Une réflexion sur la société

Pendant ce temps-là, la famille de Mollie, accompagnée d’amis d’Oscar adeptes des reconstitutions historiques, tentent de s’organiser. Après avoir été rabrouée et moquée, Mollie bénéficie d’une légitimité nouvelle pour avoir annoncé l’événement avant tout le monde et prend part à la planification de la nouvelle vie. Celle-ci, qui voit notamment les réserves de nourriture déplacée dans une carriole de cheval, prend peu à peu forme et sera développée dans les tomes suivants.

Très agréable à lire, grâce notamment aux personnages burlesques et attachants, «Happy End» offre une réflexion sur les limites de la société. Le scénario catastrophe, qui évite le cliché des invasions extraterrestres, met l’accent sur nos vulnérabilités. Des développements qui auraient pu paraître insensés il y a encore peu de temps prennent une résonance particulière avec l’actualité récente.

• «Happy End. Tome 1, La grande panne». Olivier Jouvray et Benjamin Jurdic. Le Lombard, 14,75 euros.

(Joseph Gaulier/L'essentiel)

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