Au Luxembourg: «Une année néfaste pour le maïs»

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Au Luxembourg«Une année néfaste pour le maïs»

LUXEMBOURG – Le ministre de l’Agriculture, Claude Haagen a dressé ce mercredi un bilan «positif, mais contrastéۚ» des récoltes 2022.

par
Jean-François Colin

Marqué par une chaleur et une sécheresse inhabituelles, l’été 2022 a produit des récoltes «très contrastées», tant en fonction du type de culture, que de la localisation géographique. «Ainsi, embraye Claude Haagen, ministre LSAP de l’Agriculture, le maïs, qui a besoin de plus d’humidité, a connu une année néfaste, contrairement aux céréales, type blé ou épeautre. Mais là aussi, on observe une disparité dans les quantités récoltées dans l’Est du pays, par exemple, dont les sols sont moins favorables que le Sud. Cependant, de manière générale, la qualité est bonne».

Le ministre, qui espère un été 2023 «un peu plus pluvieux» tout en «nourrissant des doutes», table sur «la faculté d’adaptation des agriculteurs aux facteurs météorologiques et au changement de climat», car «c’est ce qu’ils ont toujours fait». Et s’il est primordial de se calquer sur le développement du marché mondial pour avoir une rentabilité de la production et des investissements, «ce qui est le sens de la production même», insiste Claude Haagen, il est capital de «favoriser la production locale et la livraison régionale».

Contexte compliqué

Et le ministre d’évoquer naturellement les problèmes liés directement au conflit ukrainien, à savoir une explosion des coûts de l’énergie et des fertilisants. «Ils sont exorbitants! C’est un réel souci. Nous avons entamé des discussions avec le secteur pour tenter de dégager des solutions», dit-il. Sur ce plan Jean Muller, directeur des Moulins de Kleinbettingen, parle de «coût de l’énergie multiplié par dix, tandis que le prix des engrais a été multiplié par cinq». Selon lui, le prix des céréales «a augmenté de 33,3% par rapport à 2021, une hausse due à l’inflation des coûts de productivité et de la farine». Par exemple, «les coûts des transports ont crû de 20%», ajoute le directeur.

Et même si la volatilité du marché le rend de moins en moins prévisible, ce qui, aux dires de Claude Haagen, «pose un énorme problème aux exploitants et à leurs familles, car ils doivent avancer les fonds pour acquérir des fertilisants et préfinancer une récolte future, mais tout en ignorant quel sera effectivement le prix sur le marché au moment de la récolte». Malgré ce contexte plutôt compliqué et incertain, tant au niveau climatique qu’à celui de la situation internationale, le ministre garde «toute sa confiance dans une agriculture de qualité, écologique et rentable, avec un avenir pour les petits exploitants». En tout cas, conclut-il, «je lutte pour!».

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