Au Luxembourg – «Une attaque contre les syndicats et les salariés»

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Au Luxembourg«Une attaque contre les syndicats et les salariés»

LUXEMBOURG - L'OGBL, le LCGB et la CGFP ont répondu aux attaques de l'Union des entreprises luxembourgeoises (UEL) contre le modèle de dialogue social luxembourgeois.

Les représentants de l'OGBL, du LCGB et de la CGFP ne digèrent pas les attaques de l'UEL contre le modèle de dialogue social luxembourgeois.

Les représentants de l'OGBL, du LCGB et de la CGFP ne digèrent pas les attaques de l'UEL contre le modèle de dialogue social luxembourgeois.

Editpress/François Aussems

Les trois syndicats représentatifs au niveau national, l’OGBL, le LCGB et la CGFP se sont montrés remontés ce mardi, lors d’une conférence de presse commune dans les locaux de la Chambre des salariés, en réponse aux attaques de l'Union des entreprises luxembourgeoises (UEL) contre le modèle de dialogue social luxembourgeois.

Le patronat avait en effet quitté la table de négociation lors de la dernière réunion du Comité permanent du travail et de l’emploi (CPTE). Selon les trois syndicats, il s’agit d’un point culminant d’une stratégie consistant à démanteler le modèle social. «C’est une attaque à la fois contre les syndicats, les salariés et le gouvernement», a souligné le président de l’OGBL, André Roeltgen. Car, a-t-il rappelé, le gouvernement s’est engagé à revaloriser le dialogue social.

Une manifestation de protestation

Les responsables syndicaux ont sommé l’UEL de revenir à la table des négociations. En attendant, ils continuent à alimenter leur plateforme 4.0, censée préparer les salariés à la digitalisation galopante, de propositions et de solutions pour ce défi de taille. «Cette attaque du patronat intervient d’ailleurs à un moment où la digitalisation soulève de nombreuses questions qui mettent en péril le droit des salariés», a expliqué Patrick Dury, le président du LCGB.

Selon le mouvement syndical, il appartient aussi au gouvernement d’agir s’il veut tenir sa promesse de redynamiser un dialogue social qui bat visiblement de l’aile. Le mardi 19 novembre, les trois syndicats organiseront une manifestation de protestation, mais André Roeltgen n’a pas exclu ce mardi de recourir à une stratégie plus musclée. «Ce dialogue social que remet aujourd’hui en question l’UEL a eu le mérite de garantir la cohésion sociale pendant presque quarante ans», a conclu le président de la CGFP, Romain Wolff.

«Nous ne sommes pas contre le dialogue social»

«Si nous sommes convoqués à la prochaine réunion du comité permanent du travail et de l’emploi, nous y participerons à condition que les quatre représentants du gouvernement soient présents et que l’ordre du jour respecte l’esprit de la loi qui régit le CPTE. C'est-à-dire que nous allons y discuter de points précis qui touchent au monde du travail et plus précisément à l’Adem et à l’ITM», explique-t-on du côté de l’Union des entreprises (UEL).

«Les syndicats veulent également discuter de l’organisation du temps de travail. Or, l’UEL constate qu’il n’y a pas de base légale pour de telles discussions. De surcroît, nous n’avons pas le mandant pour les mener. Si les syndicats nous reprochent donc de rejeter le dialogue social, c’est au mieux une méconnaissance de la loi et au pire, un procès d’intention. Nous ne sommes pas contre le dialogue social, bien au contraire».

(Maurice Magar/L'essentiel)

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