Chimie «verte»: Une bioraffinerie «unique au monde» inaugurée en Moselle

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Chimie «verte»Une bioraffinerie «unique au monde» inaugurée en Moselle

CARLING – L'entreprise Afyren a inauguré sa première bioraffinerie installée sur la plateforme chimique de Carling, une usine qui va permettre de créer des acides utilisés dans l'alimentation ou la cosmétique, sans recourir au pétrole.

par
Pascal Piatkowski
A photograph shows an outside view of the short circuit and zero waste Afyren Neoxy biorefinery on its inauguration day in Saint-Avold, northeastern France on September 29, 2022. - The biorefinery offers industrialists an alternative to petro-sourced acids used in sectors such as human food, cosmetics and perfumes by offering a range of seven 100% bio-based acids derived from the recovery of sugar beet biomass. (Photo by Jean-Christophe Verhaegen / AFP)

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«Les clients tapent à la porte, on espère livrer les premiers lots de produits d'ici la fin de l'année», a déclaré le directeur général et cofondateur d'Afyren, Nicolas Sordet, lors d'une visite de l'installation flambant neuve. Afyren prévoit de produire 16 000 tonnes par an d'acides organiques d'ici deux ans, produits à partir de matériaux biosourcés, en l'occurrence des résidus de betteraves à sucre, notamment la pulpe et la mélasse.

Ces deux ingrédients issus de l'industrie sucrière sont ensuite fermentés et distillés pour en tirer sept sortes d'acides organiques, similaires à ceux produits à partir de pétrole, explique M. Sordet. Ce procédé de fabrication va permettre à Afyren «de réduire par cinq ses émissions de gaz à effet de serre», ce qui représente 30 000 tonnes de CO2 par an, ajoute-t-il.

Afyren co-founder and chairman Nicolas Sordet speaks during the inauguration of the short circuit and zero waste Afyren Neoxy biorefinery in Saint-Avold, northeastern France on September 29, 2022. - The biorefinery offers industrialists an alternative to petro-sourced acids used in sectors such as human food, cosmetics and perfumes by offering a range of seven 100% bio-based acids derived from the recovery of sugar beet biomass. (Photo by Jean-Christophe Verhaegen / AFP)

«Les clients tapent à la porte, on espère livrer les premiers lots de produits d'ici la fin de l'année», a déclaré le directeur général et cofondateur d'Afyren, Nicolas Sordet.

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Un effectif de 60 personnes

Ces acides sont ensuite utilisés notamment dans l'industrie cosmétique comme solvants ou comme conservateurs dans l'alimentation. Afyren affirme avoir déjà signé «une dizaine de contrats commerciaux» auprès d'entreprises dont elle n'a pas souhaité divulguer les noms. «On propose une alternative à nos clients avec des produits similaires» à ceux issus de la pétrochimie, mais «disruptifs», souligne le président d'Afyren, Jean Saint-Donat.

L'usine de Carling, dont la construction s'est achevée fin 2021, emploie 60 personnes, et est «dans une phase de démarrage progressive», a-t-il ajouté. Sa construction a été rendue possible grâce à un investissement de 60 millions d'euros, auquel l'État a participé à hauteur de 20 millions d'euros via la Banque publique d'investissement (BPI France), a précisé M. Saint-Donat. Celui-ci vise un chiffre d'affaires de 35 millions d'euros par an lorsque cette première usine fonctionnera à pleine capacité.

Fondée en 2012, Afyren est entrée en Bourse, le 1er octobre 2021, sur Euronext Growth. Selon son président, cette introduction en bourse a pour objectif de «financer deux futures usines», une en Amérique du Nord et l'autre en Asie.

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