Finances mondiales – Une bulle? Quelle bulle? Davos se veut optimiste

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Finances mondialesUne bulle? Quelle bulle? Davos se veut optimiste

En pleine euphorie boursière, les maîtres de la finance ne veulent pas croire à un nouveau cataclysme financier, 10 ans après la faillite de Lehman Brothers.

Pour Steven Mnuchin, secrétaire américain au Trésor, «ce que l'on voit sur les marchés d'actions est le reflet des programmes économiques mis en place».

Pour Steven Mnuchin, secrétaire américain au Trésor, «ce que l'on voit sur les marchés d'actions est le reflet des programmes économiques mis en place».

Les marchés boursiers américains ont retrouvé des sommets, dopés par une longue phase de taux d'intérêt extrêmement bas et par les largesses des banques centrales. Alors qu'il avait déjà grimpé de plus de 19% en 2017, le S&P500, l'indice de référence utilisé par les gérants de fonds américains, a déjà gagné 5% depuis le 1er janvier, à la grande joie du président américain. Mais alimentant aussi les interrogations sur une éventuelle surchauffe.

«Je ne vais pas vous dire que nous allons avoir une nouvelle crise financière, (sinon) les ventes de mon livre s'effondreraient», a plaisanté Kenneth Rogoff, l'ex-chef économiste du Fonds monétaire international, aujourd'hui professeur à l'université américaine d'Harvard, lors d'une intervention dans un panel de discussion. «Je suis plutôt optimiste quant à l'avenir», a dit M. Rogoff, auteur d'un ouvrage décortiquant les mécanismes des crises, intitulé «Cette fois, c'est différent» (This time it's different).

Secteur financier mieux réglementé

C'est exactement ce que veulent entendre les grands banquiers, dont beaucoup sont présents jusqu'à vendredi au Forum économique mondial et dont certains ont renoué avec leurs rémunérations record d'avant la crise de 2008. «J'ai vu dans les journaux ce matin que les gens ici parlent d'une bulle sur les actifs financiers», a noté pour sa part Steven Mnuchin, le secrétaire américain au Trésor, lors d'une conférence de presse. «Mon avis est que ce que l'on voit sur les marchés d'actions est le reflet des programmes économiques que nous avons mis en place, en réduisant les taxes mais aussi la régulation», a affirmé cet ancien banquier de Goldman Sachs.

Dans les hôtels chics de la station huppée des Alpes suisses, les garde-fous mis en place depuis la dernière crise financière sont un sujet de conversation fort prisé. Depuis la faillite de la banque américaine Lehman Brothers, qui a plongé l'économie mondiale dans le chaos, la réglementation du secteur financier a été considérablement renforcée, mais l'administration américaine entend la détricoter en partie. La collaboration entre les banques et les régulateurs «est à un tout autre niveau par rapport à ce qu'elle était avant la crise», a souligné Jes Satley, le patron de Barclays.

«Si on retourne à 2005, 2006, la banque était en contact avec la Fed (NDLR: la banque centrale américaine) peut-être une fois tous les trimestres», s'est-il remémoré, alors que les contacts sont aujourd'hui pratiquement «quotidiens» . Des voix discordantes s'élèvent cependant pour mettre en garde contre les potentiels dangers à l'horizon. «Bien sûr, il y a des bulles immobilières sur certains marchés», dit Angel Gurria, secrétaire général de l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE).

(L'essentiel/AFP)

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