A Cuba – Une centaine d’arrestations après les manif

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À CubaUne centaine d’arrestations après les manif

Après les manifestations de dimanche, la répression ne s’est pas fait attendre à Cuba. Au moins 114 personnes sont en détention ou signalées comme disparues, dont des dissidents.

Une centaine de personnes ont été arrêtées à Cuba après les manifestations historiques de dimanche, parmi lesquelles les dissidents Guillermo Fariñas, José Daniel Ferrer et Luis Manuel Otero Alcantara, selon plusieurs sources concordantes.

Selon une liste nominative publiée sur Twitter par le mouvement contestataire San Isidro, lundi soir, 114 personnes avaient été placées en détention ou étaient signalées comme disparues, dont José Daniel Ferrer, l’un des principaux dissidents du pays.

Washington demande leur libération

Julie Chung, secrétaire d’État adjointe des États-Unis pour les Amériques, a elle aussi dénoncé, via Twitter, «la violence et les arrestations de manifestants cubains, ainsi que la disparition d’activistes indépendants, dont Guillermo «Coco» Fariñas, José Daniel Ferrer, Luis Manuel Otero Alcantara et Amaury Pacheco». «Nous demandons leur libération immédiate!»

Excédés par la crise économique, des milliers de Cubains ont manifesté, dimanche, dans des dizaines de villes et villages du pays, aux cris de «Liberté!» et «À bas la dictature!»

Il voulait s’exprimer face aux caméras

Le metteur en scène Yunior Garcia, l’un des meneurs du mouvement 27N, né après une manifestation inédite d’artistes, le 27 novembre dernier, pour réclamer plus de liberté d’expression, a lui aussi été arrêté dimanche, puis libéré lundi après-midi.

Il a raconté son expérience sur Facebook, expliquant s’être déplacé, dimanche, avec un groupe d’amis à l’Institut cubain de radio et télévision (ICRT), pour demander à s’exprimer 15 minutes face aux caméras.

Frappés, traînés et lancés dans un camion

Mais «une horde de conservateurs radicaux et plusieurs groupes de Réponse rapide (ndlr: forces de l’ordre en civil) nous ont dit non» et «nous avons été frappés, traînés par la force et lancés dans un camion, comme des sacs de gravats», a-t-il dénoncé.

«Nous avons été traités comme des déchets», a-t-il estimé, expliquant avoir été transféré au centre de détention Vivca, à La Havane, où ils ont vu ensuite «arriver des dizaines de jeunes».

Madrid veut que «sa» journaliste soit libérée

Parmi les personnes arrêtées dimanche, se trouvait aussi Camila Acosta, une Cubaine de 28 ans, interpellée lundi selon Alexis Rodriguez, le rédacteur en chef de la rubrique internationale du journal madrilène ABC, avec lequel elle collaborait depuis six mois.

«L’Espagne défend le droit à manifester librement et pacifiquement et demande aux autorités cubaines de respecter ce droit. Nous défendons les droits de l’homme sans condition. Nous exigeons la libération immédiate de @CamilaAcostaCu», a tweeté, mardi, le tout nouveau ministre des Affaires étrangères, José Manuel Albares, qui vient de prendre ses fonctions, après un remaniement gouvernemental en Espagne.

(L'essentiel/AFP)

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