Métier – Une centaine de coiffeurs en trop à Luxembourg

Publié

MétierUne centaine de coiffeurs en trop à Luxembourg

WALFERDANGE - Aller chez le coiffeur est cher au Luxembourg. Aperçu de la profession avec Emile Goedert.

Emile Goedert avec son équipe (de g. à d.): Sandra (apprentie), Stéfanie (employée), Gaby (gérante) et Lina (employée). (Photo «L'essentiel»)

Emile Goedert avec son équipe (de g. à d.): Sandra (apprentie), Stéfanie (employée), Gaby (gérante) et Lina (employée). (Photo «L'essentiel»)

«Le prix de la main-d'œuvre se calcule entre autres avec le loyer, les charges sociales, les salaires, l'électricité... et 6% de TVA», expose Emile Goedert, patron du salon de coiffure Ambiance et président de la Fédération des patrons coiffeurs de Luxembourg. «Sur la vente, nous ne faisons presque pas de bénéfices, c'est plus un service pour conseiller les clients», rajoute sa gérante de 36 ans, Gaby.

Si aller chez le coiffeur est cher au Grand-Duché, c'est parce que tout coûte plus cher qu'au-delà des frontières. Rien que pour le loyer, le coiffeur de 71 ans débourse 3000 euros par mois. «Actuellement, il y a environ 380 coiffeurs dans le pays, soit environ 100 de trop», raconte le coiffeur. Ce problème est dû à deux facteurs. D'une part, de nombreux coiffeurs étrangers sans brevet de maîtrise mais avec quinze ans d'expérience s'installent au Luxembourg et obtiennent l'équivalence.

«Les jeunes diplômés manquent d'expérience»

«Un coiffeur formé au Luxembourg avec la même expérience ne l'obtient pas: il doit faire la formation pour obtenir le brevet de maîtrise et donc l'autorisation d'ouvrir un salon», s'indigne le patron. D'autre part, l'orientation des élèves en lycée technique contribue au surplus de professionnels: «Les mauvais élèves sont orientés vers le métier d'esthéticien ou de coiffeur», continue-t-il.

Emile Goedert trouve aussi que les examens pratiques devraient être encadrés par une commission du patronat et non par les enseignants qui ne pratiquent plus. «Les jeunes diplômés manquent d'expérience pratique quand ils commencent à travailler».

Chloé Murat

Ton opinion