Education – Une «charte de la laïcité» dans les écoles françaises
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ÉducationUne «charte de la laïcité» dans les écoles françaises

Une «charte de la laïcité» sera désormais affichée dans tous les établissements scolaires publics en France pour rappeler notamment aux élèves l'interdiction de porter tout signe religieux ostensible.

Vincent Peillon a présenté la charte.

Vincent Peillon a présenté la charte.

AFP

En préambule, le texte souligne que «la Nation confie à l’École la mission de faire partager aux élèves les valeurs de la République», sur les fondements de la Constitution, de la Déclaration des droits de l'homme et de la loi de 1905 sur la séparation de l’Église et de l’État. «Pour certains enfants aujourd'hui, la laïcité c'est d'abord un interdit, c'est une menace, alors que c'est exactement l'inverse», a déclaré le ministre français de l’Éducation, Vincent Peillon, sur BFM TV et RMC Info. «Dans notre tradition, c'est ce qui va permettre à chacun de construire sa propre liberté dans le respect de celle des autres», a-t-il ajouté.

Le ministre devait présenter lundi la charte dans un lycée de La Ferté-sous-Jouarre, dans le département de Seine-et-Marne, en présence du président de l'Assemblée nationale, Claude Bartolone, et de l'ancien président du Conseil constitutionnel, Robert Badinter. L'article 6 de la Charte indique que «la laïcité de l’École offre aux élèves les conditions pour forger leur personnalité, exercer leur libre arbitre et faire l'apprentissage de la citoyenneté». «Elle les protège de tout prosélytisme et de toute pression qui les empêcheraient de faire leurs propres choix», est-il également écrit. Il est aussi stipulé que la laïcité implique «le rejet de toutes les violences et de toutes les discriminations», et «garantit l'égalité entre filles et garçons».

Visibilité exigée

«Aucun sujet n'est a priori exclu du questionnement scientifique et pédagogique», affirme encore le texte, en référence aux débats qui ont pu avoir lieu dans certains établissements sur les cours relatifs à la reproduction, à la théorie de l'évolution ou aux religions. La Charte ajoute encore qu'«aucun élève ne peut invoquer une conviction religieuse ou politique pour contester à un enseignant le droit de traiter une question au programme». L'article 14 rappelle que «le port de signes ou tenues par lesquels les élèves manifestent ostensiblement une appartenance religieuse» est interdit, en vertu d'une loi promulguée en 2004 en France.

Les directeurs d'établissement devront afficher la Charte cette semaine en un lieu «visible de tous», de préférence lors d'une cérémonie «solennelle», a déclaré le ministère. Des recommandations pédagogiques ont été transmises aux enseignants pour qu'ils expliquent les principes, souvent abstraits, du document.

Premières critiques

Les personnels et représentants des parents d'élèves ont d'ores et déjà exprimé le regret que le document n'aborde pas les questions pratiques liées au respect de la laïcité, comme les menus à la cantine ou les célébrations de fêtes religieuses, Noël par exemple. Au sein de la communauté religieuse, le président du Conseil français du culte musulman, Dalil Boubakeur, a estimé que ce texte visait l'islam et portait «un regard oblique» sur la religion musulmane. Dans «Le Journal du Dimanche», il a dit craindre que les musulmans de France ne se sentent «stigmatisés dans leur ensemble».

«À l'école de la République, on ne reçoit pas des petits musulmans, des petits juifs, des petits protestants, des petits agnostiques, on reçoit des élèves de la République», a réagi Vincent Peillon.

(L'essentiel Online avec ats)

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