Enfance au Luxembourg – Une charte de qualité pour les structures d'accueil

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Enfance au LuxembourgUne charte de qualité pour les structures d'accueil

LUXEMBOURG - Les crèches, maisons relais, foyers et autres maisons de jeunes seront soumises à des critères de qualité dès la rentrée 2016. Des contrôles seront effectués, qui pourront déboucher sur des sanctions.

En tout, 1 444 structures disposent d'un agrément du ministère. (AFP)

En tout, 1 444 structures disposent d'un agrément du ministère. (AFP)

En quelques années, l'offre de garde a explosé. Entre 2004 et 2014, le nombre de places auprès des assistants parentaux et dans les services d'éducation et d'accueil (SEA), qui comprennent les maisons relais, les foyers de jour, les crèches et les garderie, a été multiplié par plus de 6, passant de 7 712 à 49 208 places fin 2014. «Ces dernières années, il y a eu une forte croissance du nombre de places. Aujourd'hui, la grande priorité, c'est le développement de la qualité» a expliqué ce mardi le ministre DP de la Jeunesse, Claude Meisch. Il a présenté les amendements du gouvernement au projet de loi sur la jeunesse.

Grande nouveauté: un cadre national de référence sera élaboré, auquel les SEA devront se conformer. «Le cadre servira à chaque structure à élaborer un concept pédagogique» explique le ministre. Sur base du cadre de référence national, chaque structure devra donc élaborer un concept pédagogique qui lui est adapté, et qui devra être bien visible par les parents. «On veut encourager la créativité, le développement cognitif des enfants, en leur offrant des activités auxquelles ils participent» précise Claude Meisch. Ce système d'apprentissage non formel doit notamment compléter l'apprentissage formel, celui de l'école.

Des sanctions prévues

Pour les langues, par exemple, les SEA prépareront au plurilinguisme de la société luxembourgeoise. «Cela ne se fera pas avec des contrôles de compétences, comme à l'école, mais en donnant l'occasion aux enfants qui vont en crèche d'avoir un premier contact avec une langue, pour se familiariser avec cette langue alors qu'ils ont 1, 2 ou 3 ans» illustre le ministre. Le tout permettant au petit de se lancer, plus tard, dans la société luxembourgeoise avec moins de difficultés linguistiques.

Qui dit critère de qualité dit, bien sûr, aussi contrôles. Des agents régionaux pourront aller sur place, dans les structures d'accueil, pour vérifier que la pratique correspond bien avec le concept vendu aux parents et au ministère. S'ils constatent des manquements, et que la structure ne rectifie pas le tir, des sanctions pourront tomber, allant jusqu'à la perte de subventions publiques, voire à la perte de l'agrément.

Les chèques-service recadrés

Le même projet de loi recadre également le chèque-service, qui a coûté un peu plus de 300,3 millions d'euros en 2014. Il ne sera ainsi plus valable pour les activités sportives et culturelles, mais sera, en revanche, accessible aux frontaliers. «On ne veut plus se laisser condamner au niveau européen, comme avec les bourses», justifie Claude Meisch. «Les enfants de frontaliers pourront participer au chèque-service à condition que la structure d'accueil respecte les même règles pour tous les enfants». Pour accéder au chèque-service luxembourgeois, une crèche de l'autre côté de la frontière devra donc se conformer aux mêmes critères que celles du Grand-Duché et «favoriser l'intégration dans la société luxembourgeoise».

Le projet de loi doit entrer en vigueur à la rentrée 2016, aussi bien pour ce qui concerne les critères de qualité des crèches que les chèques-service. Quant à la gratuité des crèches, promise par le gouvernement, on y travaille mais aucune date n'a encore été fixée. «Ce sera en 2016 ou 2017», estime toutefois le ministre.

(Jérôme Wiss)

La garde d'enfants en chiffres

Selon le Statec, le Luxembourg comptait, au 1er janvier 2014, 79 741 enfants de zéro à 12 ans. Pour les accueillir, les Services d'éducation et d'accueil (SEA) conventionnés avec l'État proposaient, fin 2014, 35 579 places aux enfants du pays. Les SEA commerciaux disposaient eux de 10 371 places. À cela s'ajoutent les 3 258 places auprès d'assistants parentaux, pour un total de 48 208 places. En tout, 1 444 structures disposent d'un agrément du ministère. En décembre 2014, 52,2% des enfants du pays ont été accueillis par un SEA ou un assistant social.

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