Bourses en Chine – Une débâcle avec un risque de contagion

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Bourses en ChineUne débâcle avec un risque de contagion

Le crash des Bourses chinoises, qui ont vu s'envoler plus de 3 000 milliards de dollars, est un motif d'inquiétude supplémentaire dans une économie en plein ralentissement.

Le crash boursier ralentit une croissance économique déjà en peine.

Le crash boursier ralentit une croissance économique déjà en peine.

AFP/Greg Baker

Les chiffres donnent le vertige: en capitalisation, c'est plus d'une douzaine de fois le PIB de la Grèce, ou bien plus du tiers du PIB de la Chine (l'an dernier) qui s'est évaporé en trois semaines sur les Bourses de Shanghai et Shenzhen, lors de leur dégringolade de 30%. Or, selon des chiffres officiels, plus de 95% des 90 millions d'investisseurs présents sur les marchés d'actions chinois sont des particuliers. De quoi redouter que les ménages ayant vu leurs économies fondre brutalement en Bourse se mettent à réduire leurs dépenses. Ainsi, les ventes de voitures en Chine ont chuté de 3,36% sur un an en juin, selon une fédération professionnelle, qui blâmait principalement les turbulences boursières.

Pour autant, les analystes s'accordaient à reconnaître que l'impact sur la consommation chinoise et l'économie réelle devraient dans l'immédiat s'avérer modérés. En effet, en dépit de son spectaculaire plongeon, la Bourse de Shanghai reste en hausse de 90% sur un an et d'environ 15% depuis le début de l'année. D'après UBS, seuls 20% de la richesse des ménages sont placés dans le secteur financier - une proportion qui tombe à 12% si l'on prend en compte les propriétés immobilières. C'est bien moins qu'en Occident.

«Les effets secondaires ne sont pas encore visibles»

À l'inverse, d'autres classes d'actifs pourraient même profiter de la situation: incités à retirer leurs fonds des Bourses, les Chinois pourraient investir à nouveau dans l'immobilier, un secteur qui s'était fortement dégonflé après des années de surchauffe. Avant que les Bourses ne décrochent violemment, les analystes s'attendaient à voir la croissance chinoise accélérer légèrement au deuxième semestre, dopée par les assouplissements monétaires à répétition de la Banque centrale.

Mais la brutale déroute des marchés pourrait menacer ce sursaut, alors que la conjoncture générale reste morose. De nombreuses firmes ont par ailleurs utilisé leurs actions comme garantie pour emprunter auprès des banques... ce qui laisse craindre une onde de choc via ces créances aux établissements financiers. «Les effets secondaires ne sont pas encore visibles», avertissait-on chez Bank of America-Merrill Lynch. Si les effets de contagion apparaissent encore limités pour le moment, mais Meryll-Lynch prévient «Nous prévoyons un ralentissement plus prononcé de la croissance, un amoindrissement des bénéfices des entreprises... et une plus forte probabilité de crise financière».

(L’essentiel / AFP)

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