Bande dessinée: Une écluse sert de cadre à une série de meurtres

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Bande dessinéeUne écluse sert de cadre à une série de meurtres

Les corps de plusieurs jeunes femmes sont retrouvés dans une petite écluse. De quoi attiser la colère de la population.

par
Joseph Gaulier

Grand Angle

La vie est paisible à Douelle, un bourg situé sur la rivière Lot, à une quinzaine de kilomètres en aval de Cahors, dans le sud de la France. Jusqu’à ce que plusieurs cadavres soient retrouvés dans l’écluse de la commune. Cette série de meurtres de jeunes femmes, qui se tient dans la France des années 1950, sert de cadre à l’album «L’écluse».

Le petit ouvrage fluvial est tenu par Octave, jeune homme simplet, sourd-muet et difforme, éternel souffre-douleur dans la commune. Rapidement, ce bossu fait office de coupable idéal. La belle et jeune Fanette est l’une des seules à prendre le parti d’Octave, allant jusqu’à s’opposer physiquement à ses agresseurs, dont le redoutable Alban.

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Réflexions sur le comportement en groupe

Dans ce polar rural, l’arrivée d’un jeune inspecteur de police de Cahors suscite beaucoup d’ironie de la part de la population, plus prompte à appliquer une justice exécutive. Octave échappe d’ailleurs de justesse à un lynchage public. Au-delà de l’enquête policière, «L’écluse» insiste sur les réactions humaines en de telles situations. Les auteurs dépeignent la panique qui s’empare rapidement de la population et la violence qui s’installe.

Légitimement inquiets, les habitants sont prêts à en découdre, sans réfléchir sur leur cible. Chaque fait est interprété et chaque individu devient rapidement un suspect aux yeux de ses congénères. Le passé des habitants resurgit à tout instant. Dans ce cadre, l’enquête qui tient en haleine le lecteur rebondit au fil des découvertes. Les plus violents ne sont pas toujours ceux que l’on imagine.

• «L’écluse». Philippe Pelaez et Gilles Aris. Grand Angle, 15,90 euros.

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