En Moselle – Une enquête à charge sur le zoo d'Amnéville

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En MoselleUne enquête à charge sur le zoo d'Amnéville

AMNÉVILLE - «Francebleu» publie ce mercredi une grande enquête sur les coulisses de l'établissement, entre fichages de salariés, vidanges dans la nature, animaux enterrés...

Le zoo d'Amnéville compte environ 2 000 animaux, de 360 espèces différentes.

Le zoo d'Amnéville compte environ 2 000 animaux, de 360 espèces différentes.

AFP/Jean-christophe Verhaegen

Rien ne va plus au zoo d'Amnéville, criblé de dettes et attaqué par 120 personnes aux prud'hommes, écrit francebleu sur son site Internet. Le média a procédé à une vaste enquête qui met en lumière les pratiques obscures en vigueur, depuis plusieurs années, au sein de l'établissement mosellan.

Ainsi, plusieurs personnes dans les bureaux du zoo auraient tenu une liste noire contenant 214 noms, un fichier Excel baptisé «Olive Black List» tenant à jour les faits et gestes des salariés, qualifiés au choix «d'élément perturbateur», «sympathisant d'association animaliste» ou «d'anti-zoo», lorsqu'ils ne sont pas suspectés d'avoir volé de l'argent dans un coffre ou de perturber un service.

Des disques durs débordaient des poubelles

«Cette liste, c'était loin d'être un secret à Amnéville, tout le monde la connaissait», a confié à francebleu une ex-employée du parc animalier, qui aurait tenté en vain d'alerter la police à ce sujet, début 2019. Une candidate à un poste d'animatrice aurait été recalée pour avoir liké sur Facebook les pages de L214, une association de défense des animaux.

Interrogé, le directeur du zoo, Michel Louis, dément l'existence d'une telle liste noire mais selon francebleu, un expert en informatique a «nettoyé les ordinateurs» lundi, comme pour effacer toute trace. Un salarié a expliqué que des disques durs débordaient des poubelles du parc, mardi...

«Entouré d'une cour»

Certains employés expliquent en outre que leur salaire a été divisé en deux parties, à partir de 2012 - un versement classique sur la fiche de paie et un autre, parfois de plusieurs centaines d'euros, en espèces. Le directeur, Michel Louis, avait aussi semble-t-il l'habitude de récompenser ses salariés «les plus méritants» par des cadeaux et des vacances tous frais payés dans des destinations exotiques (Kenya, Brésil...).

120 dossiers de salariés ou ex-employés feraient actuellement l'objet d'un traitement au tribunal des prud'hommes de Metz, dont Michel Louis, qui aurait attaqué son propre établissement pour parer à une éventuelle liquidation. L'audience aura lieu le 3 février 2020, indique encore le média. Le directeur du parc, lui, est décrit comme colérique, «entouré d'une cour» et comparé à Louis XIV.

«Un tissu d'absurdités»

D'autres salariés pointent du doigt des rejets sauvages d'excréments et de produits toxiques - issus de vidanges - dans la forêt d'Hagondange, sans que le maire de la commune ne réagisse. Le bassin des otaries, lui, fuirait depuis... 1998 et quelque 100 000 litres d'eau se déverseraient, chaque jour, dans la nature. Des dépouilles d'animaux (lion, puma, éléphant...) auraient été enterrées de façon sauvage dans la forêt. Quant à l'attraction «Tiger World», spectacle de tigres dans une arène de 1 900 places, elle est accusée par certains employés d'avoir provoqué la quasi faillite du zoo.

Le prochain épisode de la saga «zoo d'Amnéville» aura lieu le mercredi 18 décembre prochain, à la Chambre commerciale du tribunal de Metz, qui doit statuer sur la dette de 53 millions d'euros et un éventuel plan de reprise de l'établissement. Contacté par L'essentiel, le directeur, Michel Louis, évoque «un tissu d'absurdités». «J'attends de voir mes avocats avant de réagir, éventuellement. Je ne sais pas s'il est nécessaire d'entretenir la polémique mais soyez sûrs que les comptes vont se régler et que rien ne restera impuni».

(pp/L'essentiel)

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