Présentation du GOVCERT – Une équipe d'élite pour contrer les pirates

Publié

Présentation du GOVCERTUne équipe d'élite pour contrer les pirates

LUXEMBOURG - Le gouvernement s'est doté d'une équipe d'experts chargés de repousser les cyberattaques contre ses réseaux. De quoi faire bonne figure pour devenir un carrefour sûr en Europe.

Le gouvernement a mis en place, en juillet dernier, GOVCERT. Derrière ce nom de force d’élite se cache une équipe d’experts chargés de veiller sur la sûreté des réseaux du gouvernement. Le CERT pour Computer Emergency Response Team, est en étroite collaboration avec le CIRCL, un CERT dédié aux entreprises, aux privés et aux communes.

Mercredi matin, François Biltgen, ministre de la Justice, devrait présenter à ses homologues belges et néerlandais, ainsi qu’à des experts de la sécurité informatique, les avancées du Luxembourg en matière de protection de ses réseaux. Un dossier épineux, qui a déjà fait grincer des dents, notamment en Grande-Bretagne. De l’autre côté de la Manche, le ministère de la Défense s’inquiétait d’une hausse des cyberattaques et d’un bilan chiffré à un millier d’attaques sur l’année dernière, soit trois attaques par jour. Le réseau gouvernemental grand-ducal, quant à lui, serait touché par une dizaine d’attaques quotidiennes, selon les chiffres officiels. Toujours de faible ampleur, heureusement.

«Tout le monde est une cible potentielle»

Au Grand-Duché, le dossier est d’autant plus débattu qu’il concerne une place financière forte. Au niveau du CERT national, gardien des entreprises, «les institutions financières sont conscientes de l’intérêt d’être protégées depuis longtemps et ce n’est pas un gros problème chez elles», commente Michel Thiel, responsable presse au CIRCL. «Ce sont surtout les PME qui subissent des attaques, faute d’être conscientes du risque mais aussi faute de moyens». Les attaques ne sont pas quantifiables, pour Sascha Rommelfangen, l’un des experts-chercheurs du centre. «Tout le monde peut être une cible potentielle. Chaque connexion, en elle-même, est attaquable». Mais bien souvent, ce ne sont que des petites intrusions. On les estime à une dizaine de milliers par an. «Plutôt des incidents» comme des mails frauduleux ou des vers, souffle-t-on.

Aujourd’hui, le Luxembourg se réjouit de sa nouvelle force de contre-attaque, GOVCERT. Le pays, souhaitant devenir un carrefour de l’Internet européen voire mondial, doit faire ses preuves. «Si le Luxembourg veut être actif à ce niveau, sa stratégie doit être de développer une plate-forme sûre», ajoute Michel Thiel. Depuis juillet, six fonctionnaires de l’État coordonnent les différents ministères dans la lutte contre la cybercriminalité.

Jonathan Vaucher/L’essentiel Online

Ton opinion