«Paterson» – Une fable sur l'amour au quotidien

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«Paterson»Une fable sur l'amour au quotidien

Le réalisateur canadien Jim Jarmush a concocté avec «Paterson» une belle fable sur la vie, dont il faut croquer toutes les pépites. Entre routine, mélancolie et subtilité.

«La vie est une boîte de chocolats», disait Forrest Gump, le héros à la vie rocambolesque du film de Robert Zemeckis. Le slogan de Paterson, héros sans histoires du film de Jim Jarmusch, pourrait être que la vie est un cupcake... Comme ceux que concocte Laura (magnifique Golshifteh Farahani), sa compagne, qui s'évertue à décorer de motifs géométriques en noir et blanc tout ce qui lui tombe sous la main, meubles, rideaux de douche, robes, gamelles. Et cupcakes.

Paterson (Adam Driver), lui, gagne sa vie comme chauffeur de bus, tournant en rond dans une ville du New Jersey dont il porte le nom. A temps perdu, il écrit des poèmes dans un carnet, au gré de ses déambulations et de ses rencontres, sort le chien Marvin (un bouledogue anglais qui a décroché la Palm Dog au dernier Festival de Cannes) ou boit des bières...

Jim Jarmusch raconte sur un rythme nonchalant une semaine de la vie de Paterson, au gré d'un temps qui passe sans que rien ne se passe, ou si peu. Juste de subtiles variations sous les draps, le déplacement d'un rayon de soleil. Le bonheur, en somme, teinté d'une vague mélancolie, à peine troublé de petits suspenses, de petits psychodrames, d'amertumes aussi délicieuses que celles des premières gorgées de bière. D'aucuns resteront insensibles à ces saveurs, n'aimeront pas les poèmes de Paterson (signés Ron Padgett). Tant pis pour eux...

(L'essentiel/Catherine Magnin)

«Paterson»

De Jim Jarmusch. Avec Adam Driver, Golshifteh Farahani, Trevor Parham.

Sortie le 21 décembre 2016

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