A cause d'un chantier – Une grue perturbe les nuits d'une famille
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À cause d'un chantierUne grue perturbe les nuits d'une famille

ESCH-SUR-ALZETTE – Propriétaire d’un logement voisin d’un chantier, rue du Canal, une famille vit dans la peur depuis qu’une grue stationne au-dessus de son toit.

Selon ses mouvements, la grue de chantier passe ou stationne au-dessus du toit de certaines résidences.

Selon ses mouvements, la grue de chantier passe ou stationne au-dessus du toit de certaines résidences.

L'essentiel

Le chantier démarré il y a un an rue du Canal, à Esch-sur-Alzette, sur le site de l’ancien commissariat, débouchera à terme sur la construction de 63 logements étudiants et d’une crèche. En attendant, l’heure est aux travaux. Une grue a donc été installée samedi et dimanche. Selon son orientation, elle surplombe les toits de plusieurs résidences de la rue du Canal et de la rue du 10-Septembre. Une mère et sa fille ont ainsi eu la désagréable surprise de passer la nuit de dimanche à lundi avec au-dessus de leur tête la masse lourde de la grue, cette charge de béton de plusieurs tonnes destinées à faire contrepoids. Leur angoisse: qu’un accident survienne et qu’en se décrochant, la charge leur tombe dessus. «C’est bien simple, je n’ai pas fermé l’œil de la nuit», témoigne la mère.

Dès dimanche, cette femme a porté plainte pour violation de propriété privée, arguant du fait que, même à la verticale, la grue empiétait sur son espace résidentiel. Elle se plaint aussi des nuisances liées au chantier («bruits, vibrations, fumées toxiques») et s’étonne qu’aient pu être menés des travaux de désamiantage du bâtiment démoli sans avertissement préalable de la population. «On voyait les ouvriers sortir les sacs d’amiante dans leur combinaison de protection, mais pour nous il n’y a eu ni protection ni information».

«Tout est fait selon les normes»=

La grue, «c’est la goutte d’eau qui fait déborder le vase», indique-t-elle. «Si je m’exprime aujourd’hui ce n’est pas pour m’opposer au projet de construction, mais parce que je suis inquiète pour notre sécurité et qu’en face je n’ai droit qu’à une attitude méprisante. On n’a pas vu les autorisations (pour la grue) alors qu’on demandait juste à être rassurées».

Contacté par «L’essentiel», Adolfo Spigarelli, l’architecte qui suit la construction, se montre rassurant. «Cette dame m’a appelé dimanche vers 23h30, explique-t-il. À ma connaissance, elle seule se plaint. Pourtant tout est fait selon les normes. Lundi matin, à l’issue de l’installation, la grue a été inspectée comme le veut la procédure. Toutes les précautions ont été prises».

Même son de cloche du côté de la commune. «Des grues qui passent au-dessus de la tête des gens, cela arrive fréquemment, estime Luc Everling, directeur des travaux municipaux. Ce qui compte, c’est que tous les contrôles aient été faits. Pour ce qui nous concerne, cela a été le cas lorsque la grue mobile a installé la grue de chantier».

(Pierre Théobald)

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