Syrie – Une intervention sans mandat de l'ONU?

Publié

SyrieUne intervention sans mandat de l'ONU?

Les États-Unis ont affirmé mercredi qu'ils pourraient se passer du mandat de l'ONU pour faire pression sur la Syrie.

Faute d'une initiative rapide du Conseil de sécurité pour faire pression sur la Syrie, les États membres devront envisager d'agir sans mandat de l'ONU, a averti mercredi Susan Rice, ambassadrice américaine auprès de l'organisation.

Pour la diplomate, qui s'adressait à l'issue d'une audition de Jean-Marie Guéhenno, adjoint de Kofi Annan, émissaire de l'ONU et de la Ligue arabe en Syrie, il n'y a que trois moyens de mettre fin au conflit.

Plan en six points

Le premier serait que Damas respecte le plan en six points conclu par M. Annan, qui prévoit notamment le repli des forces impliquées dans la répression du soulèvement populaire et l'ouverture d'un dialogue avec l'opposition en vue d'une «transition politique», a dit Susan Rice.

Le deuxième passerait par une initiative du Conseil de sécurité à même de contraindre le régime de Bachar el-Assad à se conformer à ce plan, a-t-elle poursuivi.

Avertissement lancé

Aucun de ces deux scénarios ne parait viable dans la mesure où les autorités syriennes ne semblent pas décidées à respecter leurs engagements et parce que la Russie reste hostile à la voie des sanctions internationales.

«En l'absence de ces deux scénarios, il semble qu'il n'y ait qu'une alternative et c'est le pire des cas», a dit Mme Rice. «C'est celui de l'escalade de la violence, de l'extension et de l'intensification du conflit», a estimé l'ambassadrice américaine, évoquant l'issue «la plus probable».

Ce conflit «implique(rait) d'autres États de la région, il prend(rait) une forme de plus en plus sectaire et nous (serions)face à une crise majeure, non seulement en Syrie, mais dans la région», a-t-elle ajouté.

Mesure sécuritaire

En pareil cas, le plan Annan deviendrait caduc et «les armes afflueraient de partout», a-t-elle poursuivi.

«Les membres du Conseil et de la communauté internationale n'auraient d'autre choix que d'envisager une action en dehors du cadre du plan Annan et de l'autorité du Conseil», a ajouté Susan Rice, sans préciser la nature de cette action.

Les États-Unis se sont passés de l'aval de l'ONU pour intervenir au Kosovo et en Irak, mais Washington et ses alliés occidentaux ont jusqu'ici exclu le recours à la force contre le régime syrien et se refusent à armer les rebelles.

(L'essentiel Online/ats)

Houla toujours pilonnée

L'armée syrienne bombardait jeudi pour le second jour consécutif la région de Houla, théâtre la semaine dernière d'un massacre dénoncé par la communauté internationale, a rapporté l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH). Les forces régulières tiraient des obus sur l'une des localités de Houla, Taldo, où la plupart des victimes du carnage du 25 mai ont été tuées, et des tirs nourris étaient entendus. Un garçon a été tué par un tireur embusqué dans cette localité, selon l'OSDH. Des véhicules des troupes gouvernementales se massaient dans la zone, a ajouté l'ONG.

Ton opinion