Luxembourg: Une loi sur les déchets qui n’emballe pas la grande distribution
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LuxembourgUne loi sur les déchets qui n’emballe pas la grande distribution

LUXEMBOURG – La Confédération luxembourgeoise du commerce (Clc) et la Fédération luxembourgeoise de l’alimentation et de la distribution (FLAD) ont appelé lundi au report du vote de la loi sur les emballages et les déchets prévu mercredi.

par
Nicolas Martin
Le secteur de la grande distribution a critiqué la nouvelle loi sur les déchets.

Le secteur de la grande distribution a critiqué la nouvelle loi sur les déchets.

Fini les fruits emballés, les récipients et couverts à usage unique au restaurant, bienvenue aux centres de recyclage dans les plus grands magasins... Mercredi, un paquet de cinq lois et trois règlements sur les emballages et déchets sera soumis au vote des députés et devrait bouleverser nos habitudes dès 2023.

«Une législation ambitieuse», selon le rapporteur François Benoy (déi Greng), qui impose à tous (commerces, communes, restaurateurs, industries, citoyens ) de limiter les déchets et/ou de faciliter leur recyclage. «Passer d’une société où on jette tout à un système circulaire», précise le député.

Le secteur de la grande distribution assure partager de tels «objectifs environnementaux» et même vouloir «aller plus loin» sur certains points, selon Claude Bizjak, directeur adjoint de la Confédération luxembourgeoise du commerce (clc).

«Pour recycler, prenez vos voitures»

La CLC

Pourtant avec la Fédération luxembourgeoise de l’alimentation et de la distribution (FLAD) qui pèse 10 000 emplois au pays, la clc a appelé hier au report du vote, dénonçant une «panoplie de mesures incohérentes», nullement «adaptées» à l’écosystème luxembourgeois. «Le projet actuel risque d’engendrer des inefficiences dans la chaîne d’approvisionnement et de distribution alimentaire résultant en un surcoût pour le client final», ajoute la Confédération.

Ces organisations dénoncent par exemple la redondance des 45 centres de recyclages, bientôt requis dans les grands centres commerciaux, avec le système Valorlux (sacs bleus). Le message serait donc : pour recycler, prenez votre voiture et déplacez-vous en périphérie dans un supermarché pour y déposer vos déchets!», s'offusque la clc.

Le risque d'une fuite des clients à l'étranger?

Concernant les emballages de fruits et légumes, la loi prévoit une liste de produits qui ne devront pas avoir d’emballage. Mais la clc souligne que le marché luxembourgeois est «trop petit» pour imposer ses propres règles dans le cadre des importations (seuls 5% des fruits et légumes consommés proviennent du Grand-Duché). «Nous voudrions aller plus loin et appelons le gouvernement à modifier les modalités pour se calquer sur la loi française, encore plus exigeante avec des phases différentes. Cela permettrait de respecter les objectifs environnementaux et d’acheter via la France, un marché assez grand pour influer sur les producteurs», ajoute Claude Bizjak.

Pour lui, ces règles pourraient engendrer, «un déballage des fruits et légumes dans les entrepôts plutôt qu’à la maison qui n’aurait pas d’intérêt écologique et provoquerait une hausse des coûts et donc des prix, ou le retrait de certains produits à la vente». Les clients pourraient aussi aller être tentés d’acheter à l’étranger.

«Beaucoup de magasins vendent déjà sans emballage»

François Benoy, député Déi Gréng

Un problème dénoncé aussi sur la question des consignes. Pour la clc, le système de consignes propre au Luxembourg imposerait un «réétiquetage coûteux ou le retrait de certains produits». On ne peut «pas faire pression'' vu les volumes du marché luxembourgeois. Ils sont négligeables pour les producteurs», insiste Claude Bizjak.

François Benoy rappelle que les différents acteurs ont été consultés dans le processus législatif de trois ou quatre ans et que les délais ont été ajustés, parfois sur deux ou trois ans, pour permettre au secteur de s’y adapter. Sur les fruits et légumes, le député assure que «beaucoup de magasins aujourd’hui en vendent déjà sans emballage et je suis sûr qu’ils ne les déballent pas dans leur entrepôt. Et qu’il faudra discuter avec les fournisseurs».

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