En Belgique – Une «menace réelle» d'un attentat d'extrême droite
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En BelgiqueUne «menace réelle» d'un attentat d'extrême droite

Koen Geens, le ministre belge de la Justice estime qu'il existe actuellement dans le plat pays «une menace réelle» d'attentat planifié par des militants d'extrême droite.

Les services antiterroristes belges ont dans leur viseur «30 propagandistes d'extrême droite, contre une dizaine l'an dernier, a indiqué Koen Geens.

Les services antiterroristes belges ont dans leur viseur «30 propagandistes d'extrême droite, contre une dizaine l'an dernier, a indiqué Koen Geens.

AFP

La Belgique considère qu'il y a actuellement sur son sol «une menace réelle» d'attentat perpétré par des militants d'extrême droite, selon des propos de son ministre de la Justice Koen Geens rapportés jeudi. «Si aucun attentat (NDLR: d'extrême droite) n'a encore eu lieu en Belgique, la Sûreté de l'État (le service de renseignement civil belge) considère qu'il y a là une menace réelle. Le scénario le plus vraisemblable est celui d'un attentat perpétré par un loup solitaire», a déclaré le ministre devant des députés mercredi.

Il a cité des chiffres remontant à avril, selon lesquels les services antiterroristes belges ont dans leur viseur «30 propagandistes d'extrême droite, contre une dizaine l'an dernier». «Je serai aussi sévère face à la terreur de l'extrême droite que pour celle des jihadistes, je ne prends pas cela à la légère», a aussi affirmé M. Geens, jeudi, en séance plénière à la Chambre des députés. Il était interrogé sur un rapport de l'organisation Europol publié mardi, dans lequel la Belgique est présentée comme le pays hôte de groupes identitaires adeptes de l'«auto-défense» face aux «agressions commises par des migrants». Est notamment cité le groupuscule «Right Wing Resistance», présent également en Suède.

Actions musclées

Ce rapport d'Europol, intitulé «Situation et tendances du terrorisme», évoque aussi le signalement par la Belgique du séjour de certains de ses ressortissants dans des camps paramilitaires de l'ex bloc de l'Est, à des fins de «formation au tir». Koen Geens a admis qu'«une vingtaine de Belges inféodés à l'idéologie d'extrême droite ont participé à des formations paramilitaires à l'étranger ces dernières années». La participation à ces formations est davantage le fait d'individus que de groupes, a-t-il souligné, précisant ne pas avoir la preuve qu'«il existe des liens directs entre (le groupe identitaire flamand) "Schild en Vrienden" et les camps d'entraînement en Russie».

Le groupe «Schild en Vrienden» (Bouclier et Amis) avait défrayé la chronique en Belgique en septembre 2018, avec la diffusion d'un reportage montrant ses militants dans des actions musclées, et détaillant les messages à caractère raciste et antisémite échangés entre eux dans des groupes privés sur Internet. Le fondateur de ce groupe, Dries Van Langenhove, 27 ans, est devenu en mai 2019 député fédéral, profitant de la vague électorale qui a fait de son parti, le Vlaams Belang (anti-immigration), la seconde force politique en Flandre derrière la N-VA (conservateurs).

(L'essentiel/afp)

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