Fiscalité au Luxembourg – Une moindre marge de manoeuvre au niveau fiscal
Publié

Fiscalité au LuxembourgUne moindre marge de manœuvre au niveau fiscal

LUXEMBOURG - Le Conseil économique et social a publié mercredi, son analyse des données fiscales, marquée par les conséquences de la pandémie de Covid-19.

La marge fiscale se réduit.

La marge fiscale se réduit.

«La crise sanitaire a des répercussions sur le budget de l’État», a logiquement affirmé ce mercredi, Pascale Toussing, présidente de la commission travail du Conseil économique et social (CES), lors de la présentation de l’analyse des données fiscales. Du fait du ralentissement économique de 2020, la plupart des indicateurs ont reculé par rapport aux années précédentes, notamment la TVA, l’impôt sur le revenu des collectivités (IRC), ou encore les accises.

Seules les retenues d’impôt sur les traitements et salaires (RTS) ont poursuivi leur tendance à la hausse. «Le nombre d’actifs a augmenté ces dernières années, les salaires ont progressé, d’où une imposition globalement plus importante, explique Jean-Jacques Rommes, vice-président du CES. En 2020, l’État a pris en charge une partie des salaires. Autrement, cet indicateur aurait aussi reculé». Les impôts directs représentaient 55,6% des recettes fiscales en 2020, contre 34,5% pour les impôts indirects et 9,9% pour les accises. Ces parts ont peu évolué depuis 2015.

Les particuliers suffisamment taxés

Du fait de la crise, «la marge de manœuvre anticipée pour une réforme fiscale n’est plus disponible», constate Pascale Toussing. Le gouvernement a d’ailleurs repoussé cette promesse à l’après-2023. Il paraît cependant compliqué d’augmenter les impôts actuellement, puisque «la charge fiscale des personnes physiques est déjà élevée». La spécialiste fait référence à la part des RTS et de l’IRPP (impôt sur le revenu des personnes physiques), qui ont rapporté respectivement 4,8 milliards et 871 millions d’euros en 2020, selon le rapport, soit 57% des recettes de l’Administration des contributions directes, un niveau historiquement élevé.

L’analyse évalue aussi des points sensibles, comme le logement, alors que le Premier ministre, Xavier Bettel, a annoncé en octobre une réforme de l’impôt foncier. Le CES prône l’adaptation de certains régimes, comme l’amortissement accéléré, ou de l’imposition des plus-values immobilières. Il est en revanche «extrêmement difficile» de connaître l’impact de la réforme mondiale imposant un taux d’imposition minimal des sociétés à 15%, car «des détails ne sont pas encore connus». Le CES se réjouit cependant de la fin d’un «nivellement par le bas des contributions fiscales».

(Joseph Gaulier/L'essentiel)

Ton opinion