Bande dessinée – Une rescapée de «Charlie» raconte ses traumatismes
Publié

Bande dessinéeUne rescapée de «Charlie» raconte ses traumatismes

Coco, une dessinatrice de «Charlie Hebdo» qui a échappé à l’attaque de janvier 2015, publie un beau livre sur sa vie d’après. Bouleversant.

Coco a beaucoup ressassé le tragique événement.

Coco a beaucoup ressassé le tragique événement.

Les Arènes BD

Depuis 2015, la vie de Coco est bouleversée. La dessinatrice de «Charlie Hebdo» a échappé au massacre d’une grande partie de la rédaction du journal, qui avait ému le monde entier. Ce qu’elle raconte dans son album «Dessiner encore», rédigé avec quelques années de recul sur les événements, est la vie d’après.

«Le temps s’est arrêté à cet escalier, à cet effroi… Ces tirs… Ce silence de mort», raconte-t-elle dans l’album, rédigé à la première personne et dans lequel l’auteure se met en scène. Avant de faire part de ses moments de culpabilité: «Et si j’avais appelé au secours? Et si je les avais poussés dans l’escalier?», s’interroge celle qui a croisé la route des deux terroristes dans l’immeuble avant de composer le code d’entrée sous la menace d’armes de guerre.

Faire sourire

Davantage que l’attentat lui-même, qui est décrit en quelques pages avec la plus grande pudeur, Coco insiste sur sa reconstruction. Après les premières pages laissant place à la métaphore de la vague, l’une des premières scènes la présente chez un spécialiste chez qui elle a rendez-vous pour «un genre d’hypnose, apparemment».

La peur dans laquelle vit Coco est symbolisée par l’omniprésence des deux gardes du corps, dessinés comme de véritables armoires à glace qui semblent l’écraser. Si le thème de l’album est dramatique et émouvant, Coco parvient à faire régulièrement
sourire le lecteur par son ton décalé. «Dessiner encore» présente une forme de lutte, qui fait écho au travail militant de l’équipe de «Charlie Hebdo».

(Joseph Gaulier/L'essentiel)

Ton opinion