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Entreprise au Luxembourg«Une très belle aventure familiale»

KLEINBETTINGEN - Les Moulins de Kleinbettingen, c'est l'histoire d'une épopée familiale. Jean Muller, le directeur général, évoque cette aventure.

«L'essentiel»: Les Moulins de Kleinbettingen, c'est l'exemple d'une entreprise familiale?

Jean Muller: Il s'agit en effet de la onzième génération. Notre histoire a commencé en 1704. Notre premier ancêtre, Philippe Muller, était meunier. Et depuis cette époque, il y a toujours eu un meunier dans les villages du Luxembourg. Au début du XXe siècle, lorsque le moulin de Dommeldange, propriété de la famille depuis une centaine d'années, a brûlé, mon arrière-grand-père et ses deux frères ont racheté les moulins de Kleinbettingen et d'Arlon, en Belgique, qui a fermé ses portes au début des années 80. Pour ma part, j'ai repris les rênes en 2011.

La farine et la semoule sont-elles votre marque de fabrique?

Oui, tout à fait. Dès le commencement, l'entreprise livrait la farine et la semoule qu'elle produisait à une clientèle essentiellement artisanale, en l'occurrence des professionnels qui travaillent la matière première. Une petite partie de la production était destinée aux consommateurs à travers les supermarchés. C'est toujours le cas aujourd'hui.

Vous faites partie intégrante du programme «produit du terroir»...

À l'origine, 100% de la production était faite à partir de blé de qualité supérieure importé majoritairement d'Allemagne et des États-Unis. Au Luxembourg, le blé existait mais était destiné au bétail. À la fin des années 90, mon père Edmond, en collaboration avec la Chambre d'agriculture, s'est dit que ce système n'était ni économiquement bon pour le pays ni écologique. Nous avions les terres et les agriculteurs et nous étions donc en mesure de produire du blé d'excellente qualité dans le cadre d'une agriculture raisonnée: cultiver des variétés adaptées aux sols et ne nécessitant pas de traitements phytosanitaires, ne pas utiliser d'insecticides de stockage, favoriser la biodiversité. Aujourd'hui, nous utilisons 18 000 tonnes de blé par an, issues du Grand-Duché. Cela représente 50% de notre production annuelle et 50% de la production du pays.

Une des clés de la réussite des Moulins de Kleinbettingen est la diversité?

On a produit initialement de la farine (à base de blé tendre), puis de la semoule en 1974 (à base de blé dur), qui était destinée aux producteurs de pâtes du pays. Et depuis 2020, nous proposons nous-mêmes des pâtes, fabriquées avec des partenaires de la Grande Région, à partir de blé dur luxembourgeois! Il est cultivé au Grand-Duché depuis 2015. C'est un blé que l'on ne trouvait jusqu'alors que dans les régions arides, mais avec le changement climatique, on a pu être en mesure de le produire chez nous.

Comment entrevoyez-vous l'avenir?

Nous allons continuer à travailler notre gamme de pâtes (neuf références) et de farine (dix références). Voir aussi quels produits on peut proposer dans l'univers des pâtes au niveau des formes, des goûts (aux légumineuses, au safran...). Dans ce domaine il y a un marché à développer. Tout comme au niveau de la matière première. On mène une réflexion sur l'utilisation de l'épeautre, mais également des céréales pour le petit-déjeuner, avec notamment de l'avoine luxembourgeoise.

(Gaël Padiou/L'essentiel)

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