Procès d'Oscar Pistorius – Une vidéo peut-elle faire basculer le procès?

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Procès d'Oscar PistoriusUne vidéo peut-elle faire basculer le procès?

La diffusion dimanche par une télévision australienne d'une séquence d'Oscar Pistorius dans laquelle il rejoue la scène du crime pourrait le condamner, selon plusieurs experts.

Cette vidéo diffusée par la chaîne Channel 7 épouse fidèlement la thèse du champion paralympique sud-africain, dont les avocats doivent appeler leurs derniers témoins cette semaine. Elle a été réalisée pour la défense par la société américaine The Evidence Room, spécialisée dans les reconstitutions 3D de scènes de crimes ou d'accidents. Channel 7 n'a pas expliqué comment elle se l'est procurée. Même s'il semble à certains moments mal assuré, on voit Oscar Pistorius traverser une pièce en courant sur ses moignons, un pistolet imaginaire à la main, étonnamment agile.

Ces images contredisent le témoignage du médecin du sport Wayne Deman - un témoin de la défense dont le contre-interrogatoire doit s'achever lundi - qui a expliqué la semaine dernière que Pistorius, double amputé, était très vulnérable et fort peu mobile sans ses prothèses. La vidéo «nous donne un aperçu d'Oscar sur ses moignons, ce que la Cour n'a jamais vraiment pu voir. Cela nous permet une comparaison avec ce que dit Derman», a estimé James Grant, professeur de droit à l'Université du Witwatersrand (Wits), interrogé par le journal The Star de Johannesburg.

Le procès pourrait être suspendu suite à cette diffusion

La vidéo ne pourra être prise en considération par la juge Thokozile Masipa que si la défense ou l'accusation l'ajoutent au dossier. «Pour la famille, la diffusion de ces images constitue une trahison éclatante de la confiance et une atteinte à la vie privée», a dénoncé dimanche, l'avocat de Pistorius, Brian Webber, dénonçant la fuite, sans préciser les poursuites auxquelles s'exposent les médias utilisant ces images, largement reprises sur Internet après leur diffusion en Australie. «Toute reproduction de ce matériau obtenu illégalement sera jugé illégale», a insisté lundi la porte-parole de la famille Pistorius, Annelise Burgess.

Selon Stephen Tuson, un autre professeur de droit de Wits cité par le quotidien The Times, la juge pourrait théoriquement décider d'interrompre le procès après la fuite de la vidéo, car celle-ci pourrait être comparée au cambriolage du bureau d'un avocat suite auquel des pièces seraient vendues à l'accusation. «Nous n'avons pas de commentaire à faire, et n'avons rien à voir avec cette vidéo», a dit lundi le porte-parole du parquet, Nathi Mncube. Depuis le début, Oscar Pistorius plaide non coupable et soutient qu'il a abattu son amie Reeva Steenkamp par accident, le 14 février 2013, croyant qu'un cambrioleur s'était caché dans ses toilettes. L'accusation pense au contraire qu'il l'a tuée sciemment, au cours d'une dispute. Le procès doit reprendre ce lundi.

(L'essentiel/AFP)

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