Nucléaire iranien – Unis pour l'accord face à la pression américaine

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Nucléaire iranienUnis pour l'accord face à la pression américaine

Réunis à Vienne, mardi, la Chine, l’Iran et les Européens ont réaffirmé leur attachement à l’accord de 2015 sur le nucléaire, malgré les sanctions de Washington à l’encontre de Téhéran.

Suite à l’autorisation accordée par Téhéran, mercredi, les inspecteurs de l’AIEA devraient rapidement pouvoir procéder à des prélèvements dans les deux sites où ils souhaitent aller.

Suite à l’autorisation accordée par Téhéran, mercredi, les inspecteurs de l’AIEA devraient rapidement pouvoir procéder à des prélèvements dans les deux sites où ils souhaitent aller.

AFP

Les signataires de l’accord sur le nucléaire iranien ont réitéré mardi, à Vienne, lors d’une réunion, leur volonté de le sauver. La Chine a dénoncé les efforts américains pour rétablir les sanctions et prolonger l’embargo sur les armes visant Téhéran.

L’Iran, la Chine et les Européens «sont unis dans leur détermination à préserver l’accord iranien malgré les difficultés actuelles», a écrit sur Twitter la diplomate représentant l’Union européenne Helga Schmid, à la sortie de cette rencontre, qu’elle présidait et qui s’est achevée en milieu d’après-midi.

L’accord de 2015 offre à l’Iran la levée d’une partie des sanctions internationales, en échange de garanties prouvant la nature exclusivement civile de son programme nucléaire.

Sanctions américaines

En 2018, les États-Unis s’en sont retirés et ont rétabli des sanctions unilatérales. En riposte, Téhéran a accéléré sa production d’uranium en violation de ses engagements. Le 21 août, Washington, qui souhaite également prolonger l’embargo sur les armes expirant en octobre, a tenté de rétablir les sanctions votées à l’ONU, mais s’est immédiatement heurté au refus de ses alliés européens.

Le ton est alors monté comme rarement entre les deux rives de l’Atlantique. Le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo est allé jusqu’à accuser la France, le Royaume-Uni et l’Allemagne d’avoir «choisi de s’aligner sur les ayatollahs».

Cohésion retrouvée

«Nous restons attachés» à l’accord, a tranché le diplomate chinois Fu Cong devant des journalistes, mardi, à Vienne. «Nous faisons tout ce qui est possible, main dans la main avec toute la communauté internationale, pour faire échouer la tentative américaine de le tuer. Les États-Unis se moquent du droit international et cela ne devrait pas être permis», a-t-il ajouté.

Dans ce contexte de pression américaine maximale, les Iraniens, les Européens, les Russes et les Chinois, ont affiché mardi leur cohésion retrouvée. Cette dernière avait souffert d’un manque de coopération de Téhéran avec l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA).

Depuis des mois, le gendarme nucléaire de l’ONU réclamait de pouvoir pénétrer au sein de deux sites iraniens pour y mener des contrôles et l’Iran refusait, ce qui rendait le soutien des Européens de moins en moins tenable. Mercredi, l’Iran a fini par donner son feu vert, se plaçant «globalement en phase avec le reste du monde alors que les États-Unis paraissent isolés», estime Mark Fitzpatrick, de l’International Institute for Strategic Studies.

«Source de préoccupation»

Mais l’Iran a affirmé, début janvier, qu’il ne se sentait désormais plus tenu par aucune limite sur le nombre de ses centrifugeuses et «les activités nucléaires de l’Iran restent une source de préoccupation majeure», estime Mark Fitzpatrick. Mardi, les grandes puissances ont rappelé la République islamique à ses engagements. «L’Iran doit vraiment revenir à une conformité totale», a estimé Fu Cong.

Suite à l’autorisation accordée par Téhéran, mercredi, les inspecteurs de l’AIEA devraient rapidement pouvoir procéder à des prélèvements dans les deux sites où ils souhaitent aller. Selon un diplomate interrogé par l’AFP, il faudra «trois mois pour avoir les résultats d’échantillons». «Cela risque à ce moment-là d’être problématique avec les Iraniens», a-t-il expliqué.

Pour la Chine, il «faut aussi que les Iraniens puissent retirer des avantages économiques» s’ils font des concessions. «Les États-Unis ne reculent devant rien pour tenter de saboter les efforts d’autres pays qui veulent faciliter les échanges commerciaux» avec Téhéran, a dit le représentant de Pékin, mardi. À la mi-février, Téhéran s’était dit disposé à annuler tout ou partie des mesures prises pour se désengager de l’accord, seulement si l’Europe lui assurait en échange des avantages économiques «significatifs».

(L'essentiel/afp)

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