Covid au Luxembourg – Vaccin: les soignants veulent des «garanties»

Publié

Covid au LuxembourgVaccin: les soignants veulent des «garanties»

LUXEMBOURG - Le personnel soignant du pays sera sans doute prioritaire dans l'accès au vaccin anti-Covid. Certains sont sceptiques et souhaitent être bien informés.

Les quelque 6 000 soignants des hôpitaux du pays devront se positionner quand le vaccin sera là.

Les quelque 6 000 soignants des hôpitaux du pays devront se positionner quand le vaccin sera là.

AFP

Virginie est infirmière dans une résidence pour personnes âgées, à Luxembourg-Ville. Et comme tous les professionnels de santé, elle devrait être prioritaire dans l'accès au vaccin contre le Covid. Sans doute d'ici fin décembre. Pourtant elle avoue s'interroger. «Je suis encore très hésitante pour le faire, par manque de recul. Et beaucoup de mes collègues sont comme moi!», avoue-t-elle.

«J'espère que nous aurons le choix. Je ne dis pas non plus que je ne le ferai pas. Mais peut être pas tout de suite. C'est un sujet complexe, mais les vaccins ont sauvé des vies». Réclamant «un minimum de garanties sur les effets secondaires à moyen et long terme», elle assure que son médecin serait le mieux placé pour la convaincre. Comme les quelque 6 000 soignants des hôpitaux du pays, les personnels de maisons de soins ou de soins à domicile devront se décider.

«Si tout le monde attend que le voisin le fasse, ce n'est pas le bon signal»

Secrétaire général de la Fédération des hôpitaux luxembourgeois, Sylvain Vitali préfère ne pas s'avancer alors que la stratégie de vaccination «est encore en cours d'élaboration par le ministère». Il ne s'attend pas à un vaccin obligatoire pour les soignants. «Le Luxembourg a toujours procédé par l'explication et la mobilisation. Jamais par l'obligation. Chaque soignant a un point de vue et connaît ses responsabilités vis à vis de lui même, de sa famille et ses patients», poursuit-il.

«Nous ne savons pas quel vaccin arrivera en premier. Nous sommes pour la vaccination. C'est le seul moyen de stopper cette pandémie. Nous espérons que les médecins et soignants montreront l'exemple en se faisant vacciner de façon massive. Sinon quelle image donnerions nous? Si tout le monde attend que le voisin le fasse, ce n'est pas le bon signal. Mais il faut aussi que nous ayons toutes les informations pour éclairer les gens et les soignants», note Guillaume Steichen, secrétaire général de l'Association des médecins et médecins dentistes du Luxembourg (AMMD).

Chez Servior, qui gère une quinzaine de maisons de soins, on temporise mais «chaque année tout est fait pour sensibiliser et faciliter la vaccination». S'ils sont prioritaires les soignants seront aussi les premiers à convaincre.

(L'essentiel/Nicolas Martin)

Ton opinion