France/Grand Est – Vers la perpétuité pour «le taureau des Ardennes»?
Publié

France/Grand EstVers la perpétuité pour «le taureau des Ardennes»?

REIMS - L'agriculteur Philippe Gillet va être rejugé en appel pour le meurtre de son épouse et de sa petite amie, affaire relancée après la découverte du corps de cette dernière.

Philippe Gillet encourt la réclusion criminelle à perpétuité. Le verdict devrait être rendu le 23 avril.

Philippe Gillet encourt la réclusion criminelle à perpétuité. Le verdict devrait être rendu le 23 avril.

AFP

La cour d'assises d'appel de la Marne rejuge, à partir de mardi, l'agriculteur Philippe Gillet pour le meurtre de son épouse et l'assassinat de sa petite amie, une affaire relancée après la découverte du corps de cette dernière, qui fragilise sa défense. L'exploitant agricole de 49 ans avait été relaxé en avril 2019 du meurtre de son épouse Céline, 34 ans, un décès accidentel selon lui.

Il avait cependant été condamné à 22 ans de prison pour la disparition, dans la nuit du 16 au 17 avril 2013, d'Anaïs Guillaume, 21 ans, dont la voiture calcinée avait été retrouvée dans un bois près de la frontière belge. Mais la découverte, en novembre 2019, des restes d'Anaïs sous un tas de fumier de la ferme de Philippe Gillet à Fromy (Ardennes) va peser très lourd dans les débats.

«Un faisceau d'indices pléthoriques»

Elle était intervenue plusieurs semaines après que les autorités judiciaires eurent reçu des courriers anonymes évoquant la présence du corps d'Anaïs sur la ferme de Fromy, alors même que les fouilles étaient jusque là restées sans résultat. Le parquet général, qui avait requis 30 ans de réclusion criminelle en première instance et fait appel du jugement de la cour d'assises des Ardennes, dispose désormais d'un corps dont les analyses ADN ont prouvé qu'il s'agissait bien de celui d'Anaïs.

Lors du premier procès, l'absence de corps n'avait pas empêché l'avocat général Jacques Louvier de relever «un faisceau d'indices pléthoriques» contre Philippe Gillet, comme l'achat de 50 kg de chaux la veille de la disparition d'Anaïs ou son dernier bornage téléphonique à 4h47 près du domicile de l'accusé.

Ce faisceau de présomptions avait laissé de marbre Gillet, resté impassible et mutique, bras croisés et regard fermé, dans sa cage de verre de la cour d'assises de Charleville-Mézières. Aujourd'hui, le «Taureau des Ardennes», comme le surnomme la presse locale, dernière personne à avoir vu vivante Anaïs Guillaume comme son épouse Céline, apparaît plus cerné que jamais. Philippe Gillet encourt la réclusion criminelle à perpétuité. Le verdict devrait être rendu le 23 avril.

(L'essentiel/afp)

Ton opinion