Luxembourg – «Vladimir Poutine nous défend! "Non, c’est un fou"»

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Luxembourg«Vladimir Poutine nous défend! "Non, c’est un fou"»

LUXEMBOURG - Alors que la guerre vient de commencer, Russes et Ukrainiens s’opposent au Luxembourg. «L'essentiel» était présent.

Une manifestation en soutien à l'Ukraine a eu lieu à Luxembourg, jeudi.

Une manifestation en soutien à l'Ukraine a eu lieu à Luxembourg, jeudi.

Vincent Lescaut

À 2 000 km de Kiev et 2 500 de Moscou, la guerre en Ukraine torture les âmes d’expatriés meurtris au Grand-Duché. D’un côté Ludmila, de nationalité russe, de l’autre Ala, Ukrainienne présente au Luxembourg depuis 2 ans. La scène se déroule dans un café de Bonnevoie. Deux émotions qui s’opposent, deux positions qui semblent irréconciliables.

«Ici, les Russes sont avec Poutine»

Une comparaison accompagnée d’une défiance envers les médias occidentaux. «Ce qui est dit sur la Russie est faux. Les Ukrainiens n’ont pas à avoir peur. Pourquoi manifestent-ils à Luxembourg? Qu’ils aillent protester en Ukraine!». «Car c’est une agression. La Russie n’a rien à faire dans mon pays. Poutine est un fou», lui rétorque Ala. «Ici, les Russe sont d’accord avec Poutine», répond Ludmila. «C’est facile, quand on vit au Luxembourg», ironise l’Ukrainienne. «À l’époque de l’URSS, ça ne se serait jamais passé comme ça», enchaîne Ludmila dans un élan de nostalgie.

Discrétion à l’ambassade

Ludmila se met en retrait de la discussion avant de confier que «certaines personnes d’origine ukrainienne ne viennent pas ici car c’est un bar russe. C’est terrible car au final, c’est une guerre entre frères pour des histoires de politique et de territoires», concède-t-elle. «Moi je n’ai rien à partager avec elle», conclut Ala.

D’après les statistiques un millier d’Ukrainiens vivent au Luxembourg et près de 1 900 Russes. Samedi, une nouvelle manifestation contre l’invasion russe en Ukraine est prévue place Clairefontaine.

Jeudi en début de soirée, l’ambassade russe à Luxembourg affichait porte close. Des grilles fermées et un calme assourdissant alors que la guerre éclatait à l’Est de l’Europe. Les demandes d’entrevues de « L’essentiel » avec l’ambassadeur sont pour l’instant restées sans réponse.

(Thomas Holzer/L'essentiel)

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