Coup de gueule – Weiten s'élève contre la réforme des régions
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Coup de gueuleWeiten s'élève contre la réforme des régions

MOSELLE - Le président du Conseil général de la Moselle s'en prend ouvertement à la réforme du territoire voulue par François Hollande.

«Au lieu d'aller vers la cohésion territoriale et donc sociale, nous nous acheminons vers l'éclatement de celle-ci», pense Patrick Weiten.

«Au lieu d'aller vers la cohésion territoriale et donc sociale, nous nous acheminons vers l'éclatement de celle-ci», pense Patrick Weiten.

Dans une lettre ouverte de trois pages adressée jeudi aux médias, Patrick Weiten n'est pas tendre avec la réforme des régions qui prévoit la création d'une entité Alsace/Lorraine/Champagne-Ardenne. «Quand le sage montre la lune, l'idiot regarde le doigt. S'il fallait expliquer la réforme territoriale à ses enfants (…), c'est à partir de ce proverbe que l'on pourrait résumer le débat qui agite en ce moment la société (politique) française», écrit le président du Conseil général de Moselle.

«Dans le rôle du sage, poursuit-il, le Président de la république, initiateur de la réforme et gardien des institutions, et son Premier ministre, chargé de la mettre en œuvre selon une méthode qui s'apparente à de la marche forcée, arguant du fait qu'il n'est pas possible, dans la société de l'immédiateté (…), de réformer en douceur et en "laissant du temps au temps" (une expression qui a fait florès chez les admirateurs d'hier devenus les contempteurs d'aujourd'hui)».

«Démembrement des compétences»

Patrick Weiten insiste par conséquent sur le rôle des départements en s'interrogeant: «Qui sait le mieux si la création d'une déviation autour de la commune de Charleville-Mézières est de l'intérêt supérieur pour la collectivité: le maire ou l'expert routier de la Région Alsace-Lorraine-Champagne-Ardenne qui se trouve à Strasbourg et dessine des plans à partir d'un seul cadastre? Qui peut analyser les besoins d'un territoire de Moselle-Est comme Creutzwald dont les problématiques sont liées au Bassin houiller?»

«Au lieu d'aller vers la cohésion territoriale et donc sociale, nous nous acheminons, dans le nouveau système envisagé, vers l'éclatement de celle-ci», continue l'élu, expliquant que «c'est vers une dévitalisation des territoires que l'on s'insinue à pas de géant». Pour lui, «il ne restera bientôt au citoyen que la "part des anges" dans ce démembrement des compétences. Il faudra donc "compter" avec des "espaces en voie de disparition" (selon la terminologie des géographes Daniel Behar et Philippe Estebe) qui vont se développer au fur et à mesure que prendront de l'ampleur les métropoles et les superstructures à potentiels économiques importants.»

(L'essentiel)

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