En visite à Namur – Xavier Bettel se fait du souci pour les frontaliers

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En visite à NamurXavier Bettel se fait du souci pour les frontaliers

NAMUR - Premier chef de gouvernement étranger à prononcer un discours au Parlement wallon, Xavier Bettel a évoqué, mercredi, les problèmes rencontrés par les frontaliers.

Frédéric Feller

La mobilité ferroviaire, la pression fiscale sur les frontaliers et le nucléaire étaient au cœur du discours prononcé, mercredi, par Xavier Bettel, au Parlement wallon. Avant le Premier ministre luxembourgeois, aucun chef de gouvernement n'avait reçu l'opportunité de s'exprimer dans l'hémicycle régional wallon. Nouvelle preuve, s'il en est, que l'État fédéral belge perd de plus en plus de sa consistance au profit des entités fédérées, telles que la Région wallonne. Une Wallonie qui compte 148 km de frontières communes avec le Luxembourg, où près de 41  300 frontaliers wallons viennent travailler tous les jours.

Selon les informations de L'essentiel, seulement 4,5% d'entre eux prennent le train quotidiennement pour rejoindre le Grand-Duché. Un nombre qui ne cesse de diminuer, ces dernières années, alors que le temps de parcours, lui, ne cesse d'augmenter entre la capitale belge et Luxembourg. «Il est honteux que de nos jours, pour faire Bruxelles-Strasbourg, il vaille mieux passer par Paris que par la ligne directe de Luxembourg, et j’aimerais que les engagements soient pris pour que l’on avance à ce sujet. Trois heures pour parcourir 200 km, c'est tout simplement honteux», a affirmé Xavier Bettel, à propos du manque d'investissements sur la ligne 162.

Les problèmes des centrales nucléaires belges

Déjà contraint de privilégier la voiture au détriment du train, les travailleurs frontaliers wallons ne sont pas en reste, non plus, par rapport à l'administration fiscale de leur pays. Xavier Bettel n'y pas été de main morte à ce sujet. «Aujourd’hui, il y a presque un harcèlement par rapport aux travailleurs belges au Grand-Duché de Luxembourg, et le perdant est le travailleur belge, car certains employeurs n’osent pas les engager». En matière d'imposition des salaires, le Premier ministre luxembourgeois a rappelé que, grâce à des accords récents, «les autorités fiscales belge et luxembourgeoise publieront d’ici avril des règles communes ».

Préoccupé par l'éventuelle fermeture de la centrale nucléaire de Cattenom, du côté français, Xavier Bettel l'est tout autant, du côté belge, avec les problèmes rencontrés par les centrales de Doel et de Tihange. «Quand on apprend l’existence d’une faille de 18 cm dans une centrale nucléaire, à Doel, ça ne rassure pas le pays voisin qui a fait le choix de dire non au nucléaire », a souligné le Premier ministre luxembourgeois.

(Frédéric Lambert/L'essentiel)

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