Chine – Xi Jinping, nouveau numéro un chinois

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ChineXi Jinping, nouveau numéro un chinois

Xi Jinping a succédé jeudi à Hu Jintao à la tête du Parti communiste chinois (PCC) et donc de la Chine.

Xi Jinping doit présider aux destinées du pays le plus peuplé du monde jusqu'en 2022. (photo: AFP)

Xi Jinping doit présider aux destinées du pays le plus peuplé du monde jusqu'en 2022. (photo: AFP)

Xi Jinping, 59 ans, est apparu devant la presse internationale à la tête du nouveau groupe dirigeant de sept personnes: la «direction collective» qui doit présider aux destinées de la Chine pour les dix prochaine années.

Sous les crépitements des flashs et devant les caméras du monde entier, M. Xi a grimpé sur la scène du Palais du peuple, suivi des six nouveaux dirigeants qui vont former le «saint des saints» du pouvoir chinois, le «comité permanent» du Bureau politique du PCC.

Touche personnelle

Rompant avec la tradition, M. Xi, l'air grave mais souriant, après avoir présenté ses collègues, s'est lancé dans un bref discours. La Chine doit poursuivre les réformes et continuer à s'ouvrir, a déclaré le nouveau numéro un chinois.

Il a prévenu que lui-même et la nouvelle équipe faisaient face à d'«énormes responsabilités». Il a reconnu que le Parti communiste était confronté à de «graves défis», dont la corruption, a-t-il souligné. Les nouveaux dirigeants chinois sont mobilisés pour «assurer une vie meilleure» pour le peuple, a-t-il déclaré.

Loin du spectacle et des débordements médiatiques de l'élection présidentielle chez le rival américain la semaine dernière, l'apparition au grand jour de la nouvelle direction du parti unique chinois, au pouvoir depuis 1949, met un point final aux travaux, entourés du plus grand secret, du 18e congrès du PCC. Celui-ci a été exceptionnellement alourdi par des affaires de corruption et d'abus de pouvoir dans la haute «nomenklatura» communiste.

Réuni dans la matinée, le nouveau comité central du PCC, 205 dignitaires élus la veille par les congressistes, devait désigner un nouveau Bureau politique d'environ 25 membres.

De neuf à sept membres

C'est parmi eux qu'a été choisi le cénacle - réduit de neuf à sept membres - des plus hautes personnalités du régime, au sein duquel M. Xi Jinping va devoir s'imposer au cours des cinq années de son premier mandat, suivi en principe d'un deuxième. Le nouveau Comité permanent du Bureau politique, l'instance suprême de direction du parti et donc du pays, comprend aussi Li Keqiang, l'actuel vice-Premier ministre, ainsi que l'influent financier Wang Qishan qui a été chargé de lutter contre la corruption.

La réduction de neuf à sept des membres du comité permanent du Poliburo devrait faciliter la constitution de consensus pour la prise de décision dans une instance appelée à trancher sur tous les sujets. Parmi les sept nouveaux dirigeants, l'économiste formé en Corée du Nord, Zhang Dejiang, devrait être nommé à la présidence de l'Assemblée nationale populaire (Parlement), qui est largement une chambre d'enregistrement des décisions prises par le PCC.

Yu Zhengsheng, le chef du PC à Shanghai, fait également partie du nouveau saint des saints, de même que le conservateur Liu Yunshan, et que Zhang Gaoli, le chef du parti à Tianjin. En revanche, le chef du PC de Canton, Wang Yang, présenté comme un réformiste, n'a pas réussi à entrer au comité permanent du Poliburo.

«Faire le ménage»

En partant, Hu Jintao a prié Xi Jinping de «faire le ménage» dans la maison Chine, ravagée par la corruption: «Si nous échouons à traiter cette question correctement, elle pourra s'avérer fatale pour le Parti, et même provoquer son effondrement et la chute de l’État», a-t-il prévenu. Xi Jinping, qui a aussi été nommé chef de la Commission militaire centrale du PCC, devrait être porté à la présidence de la République chinoise lors de la réunion du Parlement en mars prochain en remplacement de Hu Jintao. Ki Keqiang devrait être dans le même temps nommé premier ministre, en remplacement de Wen Jiabao.

Premier dirigeant né après l'avènement du régime communiste il y a 63 ans, la personnalité de Xi Jinping reste largement une énigme. Elle se confond avec la carrière d'un homme d'appareil attendant, dans l'ombre de son prédécesseur, que la place se libère.

(L'essentiel Online/ats)

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