Justice – Y'aura-t-il procès dans les affaires du «Bommeleeër» et du crash de Luxair?

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JusticeY'aura-t-il procès dans les affaires du «Bommeleeër» et du crash de Luxair?

Le Parquet a indiqué avoir transmis ses réquisitoires dans les deux dossiers. Reste à la chambre du conseil d’ouvrir ou pas des procédures judiciaires contre d’éventuels responsables.

Dans un communiqué, le Parquet du Luxembourg annonce qu'«en date du 19 mars 2010 le Parquet de Luxembourg a remis son réquisitoire dans l’affaire dite 'Luxair' à la chambre du conseil du tribunal d’arrondissement. Le 24 mars 2010 un réquisitoire dans l’affaire dite 'Bommeleeër' a été transmis à la même chambre du conseil».

Les deux affaires qui ont bouleversé le pays, pourront ou pas, déboucher sur des procès. C’est à la chambre du conseil d’un décider. À elle maintenant, avec les cartes en mains, de déterminer s’il existe des charges suffisantes dans les deux dossiers.

La chambre qui «n’est pas tenue de prendre sa décision dans un délai fixe». Ainsi, impossible de savoir quand elle rendra ses décisions et ses intentions de poursuivre ou pas d’éventuels responsables.

De plus, le communiqué précise que quelle que soit la décision de la chambre du conseil - renvoi devant une chambre correctionnelle ou non-lieu - elle est susceptible d'un appel d'une des deux parties, auprès de la chambre du conseil de la Cour d’appel

L'affaire dite «Luxair»

Le 6 novembre 2002, 20 personnes mourraient dans le crash d’un avion de Luxair. Après de nombreuses batailles entre experts et enquêteurs, l’instruction a été close le 2 février 2010. Huit personnes pourraient être inculpées dans ce dossier. Outre le pilote qui a survécu au crash, Claude Poeckes, trois anciens directeurs de la compagnie Luxair devraient aussi rejoindre le banc des accusés: Roger Sietzen, Christian Heinzmann et Jean Donat Calmes. Quatre autres personnes parmi les anciens directeurs techniques de la compagnie devront sans doute eux aussi s'expliquer devant la justice.

L’affaire dite «Bommeleeër»

L’instruction sur le dossier «Bommeleeër» est, elle, close depuis le 8 janvier. Mais contrairement à l’affaire du carsh de Luxair, rien n’indique qu’il y aura effectivement procès. L’affaire vieille de 25 ans traîne en longueur et cette lenteur agace jusqu’au sommet de l’État puisque que Jean-Claude Juncker a permis l’ouverture des archives des services secrets en février 2008 pour que la justice puisse y voir plus clair.

L'histoire débute en 1984. Au cours de cambriolages, plusieurs centaines de kilos d'explosifs sont volés dans des carrières du pays. Dès le 12 avril 1985, un attentat est commis à Bourscheid, suivi le 28 par une tentative d'attentat sur des pylônes du fournisseur d'électricité Cegedel, puis par un autre, spectaculaire, au Schleiwenhaff: un pylône s'effondre, qui en emporte trois autres dans sa chute, coupe l'autoroute d'Esch et blesse cinq personnes.

Parallèlement, le poseur de bombes exige jusqu'à 750 000 dollars de la Cegedel. Extrêmement bien informé des actions de la police, il évite ses traquenards et parvient même à piéger les bureaux des enquêteurs. Jusqu'au début 1986, il commettra ou tentera de commettre 18 attentats, quasi mensuellement, échappant aussi au FBI et à la police criminelle allemande.

Jusqu'à présent, deux policiers, ayant de hautes responsabilités dans la hiérarchie, sont soupçonnés.

Marion Chevrier/lessentiel.lu

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