Yelle, de MySpace à la scène
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Yelle, de MySpace à la scène

La chanteuse française Yelle reconnaît que faire la première partie de Mika dans le monde entier après un démarrage sur MySpace reste une "sacrée surprise".

"Je suis passée des réseaux de nerds à des scènes de plusieurs milliers de personnes", résume la jeune musicienne française lors d'un passage à Londres. Quel trajet depuis MySpace? "Mika cherchait une première partie. Il a écouté «Je veux te voir» sur mon site et ça a été un coup de coeur pour lui. Au départ, on devait seulement faire la tournée européenne, finalement on fait la tournée mondiale, c'est une opportunité incroyable", reconnaît la Bretonne de 25 ans dont le succès est né d'une chanson diffusée sur Internet.

Emploi jeune à Saint-Brieuc, dans les Côtes d'Armor, Julie Budet se taille un succès immédiat quand elle lance en 2005, sous le pseudonyme de Yelle (acronyme de You Enjoy Life), un morceau adressé au groupe de hip hop TTC. "«Je veux te voir» se voulait une réponse drôle des filles aux paroles machistes des rappeurs. Pour l'apprécier, il fallait déjà connaître TTC. Son succès sur Internet a été assez confidentiel au départ, repris par des blogs que lisaient certains DJ qui ont commencé à le passer en soirée dans des clubs branchés" explique-t-elle.

Contactée par le label Source qui produit également Naast et Herman Dune, Yelle enregistre son premier album en 2007 dont la sortie coïncide avec la mise en ligne sur le site de vidéos YouTube du clip qu'elle tourne avec l'humoriste Michael Youn, "Parle à ma main". "Entre temps, il y avait eu un raz-de-marée dans les cours de récré puis la reprise tecktonik de «À cause des garçons» qui nous a amené un public plus jeune et plus large."

Nouveau succès sur Internet, le clip (dans lequel elle n'apparaît pas) a été vu plus de six millions de fois. "L'électro-pop, le fluo, tout ça, c'est dans l'esprit de l'époque. À l'étranger, je suis rattachée à la nouvelle French Touch de l'électro, comme Justice par exemple, ce qui nous donne une visibilité et nous permet de faire plus de concerts" analyse-t-elle.

En marge des premières parties "grand public", Yelle continue de remplir les salles plus intimes. "Séduire deux sortes de public ne me dérange pas, au contraire, je n'y vois aucune contradiction" assure la jeune femme à l'issue d'un concert à l'Old Blue Last, temple londonien de la "hype" après, le même soir, avoir assuré la première partie de Mika à la London Brixton Academy. "Avec les garçons, notre objectif est de tourner un maximum. Tepr et Grand Marnier, qui m'accompagnent sur scène, sont des DJ électro à l'origine, nous sommes tous les trois des musiciens. Le contact direct avec le public, c'est primordial."

"Internet a été mon tremplin, avoir une page MySpace est incontournable de nos jours, certains producteurs s'en servent même pour faire mousser un peu des artistes qu'ils veulent lancer, mais entendre les gens reprendre les paroles des chansons, les voir danser et s'amuser avec nous, est encore plus gratifiant."

"À cause des garçons"

Je veux te voir

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